La start-up française HyPrSpace lancera en 2027, depuis le site de la Direction générale de l'armement (DGA) à Biscarrosse (Landes), la fusée suborbitale Baguette One. Ce lanceur de dix mètres de haut, équipé d'un moteur hybride, deviendra le premier engin spatial à décoller de France métropolitaine. Financé par le plan France 2030, il vise à valider des technologies pour la future fusée orbitale OB-1 et à réduire les coûts d'accès à l'espace.
Un nom qui fait sourire, une technologie sérieuse
Le nom Baguette One peut prêter à sourire, mais le projet est loin d'être une mascarade. Le cofondateur d'HyPrSpace, Sylvain Bataillard, s'était confié en mars sur l'origine de ce nom pour le moins détonnant. Sollicité par L'Internaute, il avait déclaré : « On s'est dit qu'on allait marquer le coup, faire quelque chose de très français. On s'est dit que ce serait drôle d'appeler notre lanceur suborbital Baguette One. Ça a commencé comme une simple blague lors d'un projet de trois ingénieurs qui s'amusent. »
La fusée est équipée d'un moteur à propulsion hybride mêlant oxygène liquide et carburant solide. Le premier moteur testé, baptisé Terminator, « nécessite en moyenne 30 fois moins de pièces que la concurrence, avec un coût de lancement réduit de 40 %, une empreinte carbone allégée et une sécurité accrue », écrivait Sud-Ouest en mai. Un nouveau moteur, nommé Toaster, sera prochainement essayé. La DGA, citée par 20 Minutes, a souligné que le système de propulsion pensé par HyPrSpace est « facile à approvisionner, stocker et transporter ».
Un vol suborbital jusqu'à 400 km d'altitude
Baguette One est une fusée expérimentale suborbitale : elle peut porter plusieurs centaines de kilos tout en grimpant jusqu'à 400 km dans l'espace, mais n'est pas conçue pour y rester. Elle vise « à valider la pertinence des choix technologiques de HyPrSpace pour le développement de sa fusée orbitale OB-1 mais également pour des services suborbitaux civils et de défense », a commenté la Direction générale de l'armement vendredi 11 septembre.
Le lancement se fera depuis le site de la DGA à Biscarrosse, ont confirmé les équipes d'HyPrSpace, entourées de la ministre des Armées Catherine Vautrin. Sur LinkedIn, l'entreprise a annoncé : « Une fois en l'air, Baguette One se mettra au travail : expérimentation hypersonique, simulation de défense, services suborbitaux commerciaux, le tout propulsé par la technologie de propulsion hybride que nos Space Bakers perfectionnent depuis le premier jour. »
Un financement public et une ambition mondiale
Les équipes n'ont pas manqué d'évoquer que « le vol est financé par des fonds publics de France 2030 », un plan d'investissement français qui devait permettre, d'ici 2030, de rattraper le retard industriel français. C'est toute l'ambition d'HyPrSpace, qui déclarait il y a quelques mois à Sud-Ouest « recruter tous azimuts […], le plus rapidement possible car nous sommes engagés dans une course mondiale dans le domaine des microlanceurs et nous voulons garder de l'avance sur la concurrence ».
Baguette One devrait donc permettre de tester la motorisation hybride et ouvrir le pas au futur lanceur OB-1 (pour Orbital Baguette One), qui pourra rester en orbite et transporter un satellite d'un poids inférieur ou égal à 250 kg, abondaient nos confrères de L'Internaute en mars. Ce premier tir depuis la France métropolitaine marquera une étape historique pour le spatial français, avec des retombées potentielles pour les services suborbitaux civils et de défense.



