Le groupe Venturi Space, présidé par le Monégasque Gildo Pastor, a dévoilé ce mercredi 9 septembre à Paris, lors du Sommet international sur l'espace, son nouveau concept d'astromobile baptisé « Alta Luna ». Ce rover à chenilles de 300 kg est destiné aux opérations de proximité autour des futures bases lunaires, marquant un passage de l'exploration à l'exploitation de la Lune.
Un rover pour construire et aménager la Lune
Contrairement aux précédents rovers développés par Venturi Space (Mona Luna) ou pour lesquels l'entreprise fournit des technologies critiques (Flip, CLV-1), Alta Luna est conçu pour des missions d'exploitation et non d'exploration. « Sur la Lune, il faudra construire, aménager, transporter, entretenir et connecter. Nous retrouverons des problématiques proches de celles de l'industrialisation sur Terre : voies de circulation, habitats, infrastructures et logistique », explique le Dr Antonio Delfino, directeur de Venturi Space. Il précise : « Cela nécessitera une gamme de moyens de mobilité spécialisés, capables d'évoluer en flotte et de répondre à des missions très différentes. C'est cette nouvelle phase de l'activité lunaire que nous préparons. »
Le concept est né début 2026 dans l'esprit de Gildo Pastor, nourri par des échanges avec l'ancien astronaute Jean-François Clervoy. Il s'agit pour l'instant d'anticiper les futures évolutions du secteur, avec le retour des Hommes sur la Lune prévu à l'horizon 2028 dans le cadre du projet Artémis.
Des chenilles pour une meilleure manœuvrabilité
Pour la première fois, Venturi Space a choisi des chenilles plutôt que ses innovantes roues hyperdéformables. Cette architecture confère à Alta Luna une grande manœuvrabilité et la capacité de gravir des pentes plus importantes qu'avec des roues. Le rover bénéficiera néanmoins de la batterie et du système de gestion des batteries développés par Venturi Space, deux technologies intégrées au CLV-1 de Venturi Astrolab, son partenaire stratégique américain sélectionné fin mai 2026 par la NASA pour la campagne Artemis.
Deux modes de pilotage sont prévus : avec un astronaute à bord ou de manière autonome. « Dans cette seconde configuration, la navigation reposera sur une combinaison de LiDAR, de caméras stéréo et d'intelligence artificielle. Cette dernière pourra également assister l'astronaute dans la conduite du véhicule », indique Venturi Space. En mode autonome, Alta Luna pourra effectuer des opérations d'excavation, de nivellement et de préparation de terrain, comme l'aménagement de sites, la création de pistes et d'infrastructures de base.
Une assistance médicale et une coordination en flotte
« Chaque véhicule pourra agir seul ou en coordination avec d'autres Alta Luna. Pour certaines opérations, plusieurs véhicules pourront ainsi être associés sur une même tâche afin de mutualiser leurs efforts », précise l'entreprise. Le système électronique embarqué pourra se connecter à la combinaison de l'astronaute pour recueillir ses données de santé. En cas d'urgence médicale, Alta Luna pourra ramener l'astronaute jusqu'à sa base de façon autonome. Le pilote pourra aussi être informé de données essentielles pour sa sécurité, comme les alertes relatives à l'environnement spatial, notamment l'approche d'une tempête solaire.
« J'aime concevoir des véhicules pour les environnements extrêmes, mais j'aime surtout les voir prouver leur pertinence en conditions réelles. Je mettrai donc toute l'énergie nécessaire pour qu'Alta Luna accompagne au quotidien les premiers habitants de la Lune », a réagi Gildo Pastor, président de Venturi Space. Au sommet Choose France 2026, début juin, l'entreprise avait annoncé un investissement de 250 millions d'euros et confirmé l'implantation d'un centre technologique de 16 000 mètres carrés à Toulouse, où près de 200 collaborateurs plancheront notamment sur le rover 100 % européen Mona Luna.



