Incendie, eau, transports : la maire de Bendejun se confie
Incendie, eau, transports : la maire de Bendejun se confie

Christine Beille-Tourscher, maire de Bendejun depuis 2022, confie que sa plus grande angoisse est de faire face à un incendie. L'édile sans étiquette de 65 ans, ancienne policière de la brigade criminelle à Nice, a succédé au maire communiste Joël Gosse, dont elle était adjointe.

Une commune étalée et boisée sous tension

Bendejun, surnommée le « village des sources », compte 971 habitants répartis sur 16 hameaux, s'étageant de 240 m à 1 100 m d'altitude. La commune, longtemps rattachée à Châteauneuf, a pris son indépendance en 1911. Elle reste marquée par l'incendie du 24 juillet 1986, qui avait détruit des centaines d'hectares de végétation.

« On n'a pas eu d'incendie, ce qui reste mon angoisse majeure, même si nous avons la chance d'avoir un petit centre de pompiers, qui a été créé après les incendies dévastateurs de 1986 », explique Christine Beille-Tourscher. « Bendejun est un village rural, très étalé et boisé, et la sécheresse rend les choses complexes. »

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Eau : des travaux après des études concluantes

En 2023, la commune a subi une baisse importante des débits de ses sources à la suite d'une sécheresse. Des études ont été lancées pour mieux les canaliser. « Les résultats sont tombés fin 2025, donc nous allons pouvoir maintenant lancer les travaux. Le problème, désormais, c'est de trouver des financements, c'est le nerf de la guerre… », indique la maire. Elle précise que malgré la chaleur, il n'y a pas eu de pénurie d'eau et que les seniors isolés ont fait l'objet d'une attention particulière.

Mobilité : un point noir pour les habitants

Christine Beille-Tourscher identifie la mobilité comme « le principal problème ». Elle critique les normes de la Région, conçues pour les grandes agglomérations, qui imposent des aménagements de 8 m de long sur 2 m de large pour un arrêt de bus, impossibles sur les routes de montagne étroites. « Résultat, des arrêts sont supprimés, et des jeunes se retrouvent à attendre le bus au bord de la route, dans le noir quand c'est l'hiver », déplore-t-elle. Le coût du transport est aussi un frein : « Pour aller à Contes, c'est 3 km, 2,50 euros le ticket, donc 5 euros l'aller-retour. »

Vidéoprotection et dépôts sauvages

L'édile a installé 10 caméras de vidéoprotection, principalement pour lutter contre les dépôts sauvages de déchets, un « coup de gueule » récurrent. « La communauté de communes dispose d'une déchetterie gratuite et nous proposons même un service de collecte à domicile. Malgré cela, il y a de plus en plus de dépôts sauvages », souligne-t-elle, pointant des artisans extérieurs à la commune.

Logement : un besoin, mais des limites

Interrogée sur ses priorités, Christine Beille-Tourscher souhaite acheter des terrains pour proposer plus de logements, mais elle se heurte à des contraintes budgétaires et d'urbanisme. « Notre carte communale est très limitée au niveau de la construction », explique-t-elle. Une étude a montré que la commune pourrait accueillir 1 200 habitants sans problème, selon ses infrastructures.

Culture et patrimoine : la chapelle rénovée

La maire mise sur la culture avec la transformation de la vieille chapelle, dotée d'un clocher à trois pans, en salle culturelle. Les travaux devraient être livrés en décembre, avec une exposition des aquarelles d'Alexis Mossa, peintre niçois ayant vécu à Bendejun, pour le centenaire de sa mort. Elle souhaite aussi développer un tourisme maîtrisé, orienté vers le patrimoine et la randonnée.

Concernant les sénatoriales, elle refuse de prendre parti entre les deux candidats de la communauté de communes, Francis Tujague (PCF) et Cyril Piazza (LR). Elle analyse le score du RN aux législatives de 2024, où il a dépassé 60 %, comme une « sorte d'incompréhension, de peur » face à des angoisses nationales.

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