Patrick Bruel : la cour d'appel de Versailles se prononce ce mercredi
Patrick Bruel : décision de la cour d'appel ce mercredi

La cour d'appel de Versailles rend mercredi 16 septembre 2026 une décision très attendue sur l'allègement du contrôle judiciaire de Patrick Bruel, mis en examen dans quatre dossiers pour violences sexuelles. Le chanteur, qui conteste l'ensemble des faits, pourrait être autorisé à quitter le territoire français, une décision que le parquet de Nanterre juge "injustifiée" et "excessive".

Le parquet conteste l'autorisation de quitter la France

Fin juillet, un magistrat avait autorisé le sexagénaire à quitter le territoire français, alors que cette possibilité lui était interdite. Mais le parquet de Nanterre a fait appel de cette décision, la considérant "injustifiée" et "excessive", selon des révélations de Mediapart. L'audience pour examiner cet appel a eu lieu le 14 août, comme le rapportait RTL cet été.

Les avocats du chanteur, Mes Fanny Colin, Céline Lasek et Christophe Ingrain, sollicités par l'AFP, n'ont pas souhaité s'exprimer en amont de cette décision. La cour d'appel doit donc trancher ce mercredi sur la possibilité pour Patrick Bruel de se rendre à l'étranger malgré ses obligations judiciaires.

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Quatre mises en examen et quatre statuts de témoin assisté

Le chanteur de 67 ans est mis en examen dans quatre affaires : un viol à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) en 2008, une tentative de viol en 2010 à Bruxelles, une affaire d'agression sexuelle et de harcèlement sexuel à Perpignan en 2019, et un dossier de harcèlement sexuel à Ajaccio, en Corse, en 2019. Il est également placé sous le statut plus favorable de témoin assisté dans quatre autres dossiers, dont un viol à Dinard (Ille-et-Vilaine) en 2012, un viol à L'Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse) en 2015, une tentative de viol en 2010 et 2011 à Neuilly-sur-Seine et du harcèlement sexuel en 2019 à Nyon, en Suisse.

Patrick Bruel conteste l'ensemble des faits qui lui sont reprochés, assurant notamment n'avoir jamais "forcé une femme". Depuis sa mise en examen en juin dernier, neuf plaintes pour d'autres violences sexuelles ont été déposées ou annoncées. Le parquet de Nanterre a confirmé à ce stade à l'AFP le dépôt de deux d'entre elles : une pour tentative de viol et agression sexuelle en octobre 2007, l'autre pour viol et agression sexuelle en mai 2012.

Le chanteur porte plainte pour violation du secret de l'instruction

De son côté, Patrick Bruel a déposé plainte mercredi notamment pour violation du secret de l'instruction, dénonçant la publication par plusieurs médias, dont Paris Match, d'extraits de son audition par les enquêteurs. Dans un communiqué transmis à l'AFP, ses conseils ont fermement démenti que leur client ait tenu les propos qui lui ont été "faussement attribués" par l'hebdomadaire, en particulier la phrase : "Ce ne sont pas 30 pleureuses qui vont foutre ma carrière en l'air". Ils s'indignent contre des violations qui "portent une atteinte grave et irrémédiable à la sincérité et à la sérénité de la procédure".

Dans un article consacré aux "vraies raisons" de l'annulation de la tournée du chanteur, Paris Match expliquait que Patrick Bruel aurait fait cette confidence à des proches, mi-mai, deux mois après la publication d'une enquête de Mediapart fondée sur le témoignage de huit femmes couvrant une période allant de 1991 à 2019.

Une tournée annulée sous la pression des associations

Patrick Bruel a annulé le 2 septembre la tournée qu'il devait entamer début octobre. Depuis plusieurs semaines, des responsables politiques, des élus et des associations féministes appelaient le chanteur à renoncer à se produire sur scène alors que des dizaines de femmes l'accusent désormais de violences sexuelles. Son contrôle judiciaire ne lui interdisait pas de se produire sur scène.

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Cette annulation est devenue "une obligation" et a été un "soulagement", a confié vendredi dans un entretien à l'AFP Karine Viseur, ex-attachée de presse belge qui accuse Patrick Bruel d'une tentative de viol en 2010 à Bruxelles, fait pour lequel il est mis en examen. La cinquantenaire avait été surprise de constater cet été que l'homme qu'elle accuse pouvait voyager à l'étranger, et jugeait "irrespectueux" de ne pas en avoir été informée. La décision de la cour d'appel de Versailles, attendue ce mercredi, déterminera si Patrick Bruel pourra de nouveau franchir les frontières françaises.