Violences conjugales à Saint-Gilles : une victime sans soins pendant quatre semaines
Un quinquagénaire a été jugé ce mercredi par le tribunal correctionnel de Nîmes pour des violences conjugales ayant entraîné 31 jours d'incapacité totale de travail (ITT). La victime, Laetitia (prénom modifié), une mère de famille souffrant de bipolarité, a été frappée par son ex-compagnon le 6 avril dernier à Saint-Gilles, dans le Gard. Après les coups, elle est rentrée chez elle avec ses trois enfants et est restée prostrée, sans recevoir de soins médicaux pendant quatre semaines.
Un état de santé qui se dégrade
L'état de Laetitia s'est progressivement aggravé. Elle a souffert de vomissements et de malaises. Ce sont ses voisins qui ont finalement décidé de la transporter aux urgences. Les médecins ont diagnostiqué un hématome sous-dural et des lésions cérébrales, justifiant une ITT de 31 jours. La mère de famille a ensuite porté plainte.
Le déroulement des faits
Le 6 avril, Laetitia s'était rendue chez son ex-compagnon pour récupérer l'un de leurs enfants. Une dispute a éclaté alors que Samuel regardait la télévision avec son fils. Selon les déclarations du prévenu, il s'est énervé après que Laetitia a jeté une assiette sur le téléviseur. Il l'a frappée au visage et derrière la tête avec la paume de la main. La victime a perdu connaissance, mais Samuel n'a pas appelé les secours. Il a justifié son inaction en affirmant qu'il était avec l'enfant et que Laetitia était alcoolisée. La présidente du tribunal lui a rappelé : "Elle a perdu connaissance. Et vous n'appelez pas les secours."
Un contexte de violences récurrentes
L'avocate de la victime, Me Guilhem Benezech, a décrit une relation marquée par la consommation d'alcool et des violences répétées. "Madame a été isolée assez rapidement. Il la harcelait, l'insultait devant ses quelques amis, venait à son domicile et se servait de ses enfants pour obtenir gain de cause", a-t-elle déclaré. Après les violences du 3 juin, Samuel a insisté pour que Laetitia retire sa plainte.
De son côté, la défense du prévenu, assurée par Me Merwa Amar, a soutenu que les violences étaient mutuelles. "Il y a une prise de produits toxiques et de l'alcool des deux côtés. Leur relation était violente de part et d'autre. Ce jour-là, elle jette une assiette et casse la télévision. Il s'énerve et lui donne une gifle", a plaidé l'avocate.
La décision du tribunal
La représentante du parquet de Nîmes avait requis 18 mois de prison dont 8 mois assortis d'un sursis probatoire, ainsi qu'une interdiction de contact avec la victime et le retrait de l'autorité parentale. Le tribunal a suivi ces réquisitions. Samuel, qui avait des antécédents judiciaires pour des délits de fuite, des faits de rébellion et de l'alcool au volant, a été condamné à 18 mois de prison, dont 8 mois avec sursis probatoire. Il a été incarcéré à l'issue de l'audience. L'audience sur les intérêts civils a été renvoyée au 27 novembre 2027.



