Lydia Hadjara a déposé plainte en novembre à Lyon pour violences sexuelles et tortures sur mineure contre Claude Vorilhon, alias Raël, et deux autres membres de la secte qu’il a fondée dans les années 70. Aujourd’hui installé au Japon, Claude Vorilhon l’a attaquée en justice pour diffamation après un livre paru en janvier 2025, dans lequel elle dénonçait ces abus sexuels perpétrés en France de 1986 à 2007.
Une « procédure bâillon » dénoncée
La justice a estimé « qu’elle avait apporté la preuve de sa bonne foi », a commenté son avocate Me Aline Lebret. « Cela fait du bien que l’on me dise que c’est vrai. Cette plainte en diffamation a été une épreuve, je ne dormais plus. Mais cela m’a coûté de l’argent », a réagi Lydia Hadjara, en s’effondrant en sanglots à la sortie de l’audience.
Si le tribunal a ordonné à Claude Vorilhon de régler les frais de procédure, Lydia Hadjara doit régler elle-même les frais engagés pour sa défense, a précisé son avocate.
Un signal fort pour les victimes
L’association de défense de victimes de violences sexuelles dans l’enfance, Mouv’Enfants, avait dénoncé une « procédure-bâillon » pour décourager les victimes de violences sexuelles de parler. Cette décision de justice est perçue comme une victoire pour la liberté d’expression et la protection des victimes.
Lydia Hadjara, aujourd’hui âgée d’une trentaine d’années, affirme avoir subi des viols et des tortures de la part de Raël et de ses acolytes entre 1986 et 2007. Son témoignage a été jugé crédible par le tribunal, qui a rejeté la plainte en diffamation. Cette affaire met en lumière les pratiques de la secte raëlienne, qui prône le clonage et l’extraterrestre, et dont le fondateur est visé par plusieurs plaintes pour violences sexuelles.



