Un cadre de l'hypermarché Leclerc de Vandœuvre-lès-Nancy a été condamné ce mercredi à trois ans de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Nancy, six ans après le suicide de Maxime Chéry, délégué syndical FO, sur son lieu de travail. Maxime Chéry, 35 ans, s'était donné la mort le 11 janvier 2020, peu après avoir débuté sa journée de travail, en utilisant une arme à feu dans les rayons du magasin.
Une lettre accablante
Le syndicaliste avait laissé une lettre dans laquelle il évoquait des difficultés professionnelles et personnelles, et exprimait sa haine envers un cadre qu'il ne nommait pas, mais qu'il décrivait comme « ce sale type » qu'il haïssait « pour tout ce qu'il est et pour tout le mal qu'il a fait » et « fera encore ». En 2022, une juge d'instruction avait été nommée, conduisant à la mise en examen d'un supérieur hiérarchique de Maxime Chéry et de la société exploitant l'hypermarché.
Reconnu coupable de harcèlement moral
Le cadre mis en cause, Emmanuel Robert, 56 ans, a été reconnu coupable de harcèlement moral, homicide involontaire et mise en danger d'autrui. Outre la peine d'emprisonnement avec sursis, conforme aux réquisitions du parquet, il a été condamné à cinq ans d'inéligibilité et à l'interdiction d'exercer une activité professionnelle dans la grande distribution pendant cinq ans. Il n'occupait déjà plus de poste dans l'hypermarché.
Lors de l'audience du 8 avril, Emmanuel Robert a nié les faits, selon L'Est Républicain. Cependant, de nombreux témoignages recueillis durant l'enquête ont mis en avant un comportement « arrogant » et « très dur » envers ses subordonnés. Les relations de travail entre les deux hommes étaient particulièrement dégradées.
Indemnisation et relaxe
Le condamné devra indemniser les parties civiles à hauteur de 69 000 euros pour les préjudices subis. La société Vandis Leclerc, qui exploitait l'hypermarché et était poursuivie pour « mise en danger d'autrui », a été relaxée.



