Déficit des hôpitaux publics : 2,3 milliards d’euros prévus en 2025
Déficit des hôpitaux publics : 2,3 milliards en 2025

Le déficit des hôpitaux publics devrait atteindre environ 2,3 milliards d’euros en 2025, selon une étude de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques) publiée mardi. Bien qu’en baisse par rapport au record historique de 2024 (2,9 milliards), il s’agit du troisième niveau le plus élevé des vingt dernières années. Rapporté aux recettes, ce déficit représenterait 2,1 % en 2025, contre 2,7 % en 2024, un pic jamais atteint depuis le début des statistiques en 2005.

Un ralentissement des charges mais des intérêts toujours lourds

En 2025, les charges d'exploitation ont continué d'augmenter, mais à un rythme « moins soutenu qu’en 2024 », observe la Drees. Les comptes restent grevés par le « paiement des intérêts des emprunts ». La hausse des charges salariales a ralenti : +3,0 % (+1,9 milliard d'euros), après +4,1 % (+2,5 milliards) en 2024, année où des revalorisations salariales avaient été mises en œuvre. Malgré les aides à l’investissement liées au Ségur de la santé, « l’effort d’investissement des hôpitaux publics s’est replié » : il s’est élevé à 4,8 % des recettes (5,4 milliards) en 2025, après 5,1 % (5,5 milliards) en 2024.

Le Ségur de la santé : des aides massives mais un impact limité

Les accords du Ségur de la santé, signés en juillet 2020, prévoient des aides destinées à soutenir le financement des investissements des établissements de santé et Ehpad. Le gouvernement a ainsi promis 19 milliards d’euros sur dix ans, dont 9 milliards « destinés à financer directement de nouveaux investissements » et 6,5 milliards d’euros consacrés au désendettement, rappelle la Drees. En mai 2026, le ministère de la Santé a annoncé débloquer 6 milliards d’euros supplémentaires sur la période 2026-2036, pour « soutenir » des projets d’investissement. Malgré ces engagements, l'investissement hospitalier a diminué en proportion des recettes, passant de 5,1 % à 4,8 %, ce qui interroge sur l'efficacité des dispositifs.

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Une fréquentation des urgences toujours en hausse

Par ailleurs, les services d’urgences générales et pédiatriques ont enregistré 21,5 millions de passages en 2025, un chiffre qui augmente toujours (+0,8 %), « en dépit de la généralisation en cours du service d’accès aux soins », nouveaux Samu qui associent la médecine de ville, et doivent réorienter une partie des patients en dehors de l’hôpital. Cette pression continue sur les urgences illustre les difficultés structurelles du système de santé, alors que les hôpitaux publics peinent à équilibrer leurs comptes.

Selon la Drees, la situation financière des hôpitaux publics reste précaire malgré la légère amélioration. Le déficit de 2,3 milliards d'euros, bien qu'en recul, demeure à un niveau élevé, et les perspectives pour les années à venir dépendront de l'évolution des charges et des soutiens publics. L'étude souligne que le poids des intérêts de la dette et la faiblesse des investissements sont des signaux d'alarme pour la pérennité du système hospitalier public.

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