Nice : le syndicat Sud solidaires dénonce des CDD non reconduits
Nice : Sud solidaires dénonce des CDD non reconduits

Depuis le mois d’avril 2026, l’inquiétude monte parmi les agents contractuels de la mairie de Nice. Le nouveau maire UDR-RN, Éric Ciotti, a confirmé début juillet son intention de réorganiser les services municipaux et de réduire les effectifs, avec un passage annoncé de 120 à 40 agents. « Je le dis aussi très clairement, il y aura à la fin de ce mandat moins d’effectifs à la Ville, à la Métropole. Cette décision va sans doute faire parler, mais il y aura des réadaptations », a-t-il déclaré.

Plus d’un mois avant cette annonce, le syndicat Sud solidaires des agents municipaux et métropolitains avait déjà pris les devants. Fin mai, il a adressé un mail à l’ensemble des agents de la Ville pour recenser les non-reconductions de contrats à durée déterminée. Les échéances étant échelonnées, aucun chiffre précis ne peut être avancé. « On sent bien qu’il y a quelque chose qui se passe mais on n’a pas assez de matière pour le clamer », résume Maëlle Delavaud, porte-parole du syndicat. Selon elle, tous les contractuels sont « en état de stress » et sans nouvelle de leur avenir « jusqu’au dernier moment ». Le syndicat dénonce un processus « inhumain », même si les porte-parole ne peuvent pas encore quantifier l’ampleur du phénomène.

« J’ai vraiment cru à ma reconduction »

Lila, jeune femme récemment employée par la mairie, témoigne. « C’est exactement ça. Moi, j’ai sollicité le référent ressources humaines et mes chefs tous les mois, voire plus, plusieurs mois avant la fin de mon contrat. Personne ne savait s’il serait reconduit », entame-t-elle. Elle a finalement appris la fin de son contrat un mois avant son terme, soit la durée de son préavis légal. « C’est dans les clous. Mais j’ai vraiment cru à ma reconduction », lâche-t-elle.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Comme le veut la procédure, Lila avait postulé à son propre poste, trois mois avant la fin de son contrat. « Voir qu’il était ouvert m’a rassuré. Je me suis dit que la ligne budgétaire pour l’année était au moins prévue », explique-t-elle. Mais les semaines passent sans réponse, et l’inquiétude revient. À raison : « Lors de mon entretien de fin de contrat, mon référent des ressources humaines ne savait même pas si mon poste était maintenu. À ma connaissance, personne ne l’a pourvu », ajoute-t-elle.

Ses missions seront-elles reprises par ses collègues ? « Ça m’étonnerait, ils ont déjà tous beaucoup de travail. Je ne sais donc pas si mes tâches vont être continuées et si les projets que j’ai initiés seront menés à bout », répond-elle.

Des postes pérennes qui sautent

Maëlle Delavaud approuve et s’agace : « C’est bien le problème. On ne parle pas de postes saisonniers ou de remplacements. Ce sont des postes pérennes qui sautent. Des postes qui pourraient être occupés par des fonctionnaires mais qui, faute de candidatures, sont pourvus par des contractuels. » Elle dénonce aussi la manière dont la nouvelle est annoncée : « Certains agents sont présents depuis des années, leurs chefs sont contents de leur travail… En plus, rien n’est fait pour adoucir la nouvelle. C’est fait de manière inhumaine. »

Même les fonctionnaires ne sont pas épargnés par l’incertitude. « Si leurs missions ne sont pas maintenues, ils se demandent où ils vont être affectés… Rien n’est illégal mais l’ambiance est pesante », conclut Lila.

La mairie assume et promet un examen personnalisé

De son côté, la municipalité ne communique aucun chiffre sur les non-reconductions. Elle indique « assumer de maîtriser l’évolution de ses effectifs » et ne pas renouveler systématiquement les contrats arrivant à échéance. La Ville rappelle qu’un CDD comporte, par définition, une échéance, et qu’un contractuel est recruté « pour répondre à un besoin identifié et pour une durée précise ». La réorganisation des services s’inscrit dans cette logique, mais la mairie promet de ne pas impacter le service public. « Chaque situation est examinée individuellement, avec attention et considération », commente la municipalité. Lila reconnaît d’ailleurs que la Ville agit « dans le respect du cadre légal ».

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

En attendant, le malaise persiste dans les services municipaux niçois. Chaque échéance contractuelle est vécue comme une épreuve, et les agents – qu’ils soient contractuels ou fonctionnaires – attendent des réponses claires sur l’avenir de leurs missions. Le syndicat, de son côté, poursuit son recensement pour donner une visibilité chiffrée à un phénomène encore opaque.