À Bagnols-sur-Cèze, la boucherie Miaille innove en installant des casiers réfrigérés en libre-service dans son ancienne boutique du centre-ville, rue Fernand-Crémieux. L'objectif affiché est de « avoir un rideau de moins de baissé » dans le cœur de la cité, selon Stéphane Miaille, représentant de la sixième génération de cette institution bagnolaise.
Un chiffre d'affaires en baisse
Le rideau était baissé depuis près d'un an au numéro 18 de la rue Fernand-Crémieux. La Maison Miaille avait pris cette décision face à une chute progressive de l'activité. « On était passé d'un chiffre d'affaires de deux millions d'euros il y a huit ans à 450 000 € avant de fermer », explique Stéphane Miaille. Plutôt que de laisser un local vide, il a investi environ 30 000 € pour y installer 48 casiers automatiques réfrigérés.
Un service disponible 24 heures sur 24
Depuis juin 2026, les clients peuvent accéder à ces casiers à toute heure du jour et de la nuit. Ils y trouvent une gamme variée de produits : terrine, côte de bœuf, saucisses, plats préparés par la boucherie. Le service fonctionne via l'application Mon Casier frais qui permet de connaître les produits disponibles avant de se déplacer. « On faisait déjà du click and collect et de la livraison depuis l'Ancyse. Là, on offre une solution d'appoint, c'est un bon compromis », souligne Stéphane Miaille.
Une histoire familiale depuis 1860
La boucherie Miaille est une institution locale. Fondée en 1860 par Auguste Miaille, venu de Privas en Ardèche, elle a d'abord ouvert rue de la République avant de s'installer rue Fernand-Crémieux dans les années 1900. En 2018, une nouvelle boutique a vu le jour aux Jardins de l'Ancyse. Stéphane Miaille, à la tête de l'entreprise depuis 2009, représente la sixième génération.
Un potentiel d'extension
Les casiers sont approvisionnés deux fois par jour et pourraient être multipliés à l'avenir. Le grand local de 400 m², qui sert encore de réserve et abritait une activité de conserverie, pourrait accueillir davantage de casiers. Stéphane Miaille envisage même de louer certains casiers à un primeur local pour proposer des fruits et légumes. « On va voir comment ça se développe, si les gens y trouvent un attrait. On se donne un an mais l'objectif est d'enlever la banque réfrigérée pour installer plus de casiers », précise-t-il.
Un modèle pour le commerce de centre-ville ?
Ce système, qui commence à se répandre, pourrait-il être l'avenir du commerce en centre-ville ? « Je ne sais pas ce qu'il faut faire mais c'est sûr qu'il faut qu'il se réinvente », répond le boucher, conscient que le libre-service réduit le contact humain. Il espère que ces casiers « feront revenir la clientèle » et contribueront à animer la rue Fernand-Crémieux.



