Lozère : un éleveur craint la fin de l'élevage après une attaque de loups
Lozère : un éleveur craint la fin de l'élevage

Neuf brebis de Joël Brunet, éleveur à Rimeize en Lozère, sont mortes ce mardi 8 septembre 2026, victimes d'une attaque de loups. Malgré des mesures de protection renforcées, il déplore l'insuffisance des dispositifs actuels et appelle l'État à intervenir pour éviter la disparition du pastoralisme dans la région.

Une découverte macabre au petit jour

Dans une de ses prairies, à 200 mètres du village, une longue traînée de sang colorait l'herbe humide. À son extrémité, une brebis gisait, morte, en partie dévorée. Pour l'éleveur, cela ne fait aucun doute : les loups sont responsables de cette attaque. « C'est la deuxième fois en moins d'un mois », soupire-t-il.

Neuf d'entre elles y sont passées. Deux sont mortes sur le coup et sept ont été euthanasiées en raison de blessures impossibles à soigner. « Les dégâts seront plus importants. L'attaque a causé un grand stress aux brebis, il y aura certainement des avortements et des reproductions qui n'auront pas lieu », s'exaspère Joël Brunet.

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Des mesures de prévention insuffisantes

Pourtant, l'éleveur a mis toutes les chances de son côté pour éviter la prédation du loup sur son troupeau : « J'ai repris mon permis de chasse, passé une formation exprès, demandé l'autorisation de tir de défense, mais la seule solution qui me reste est d'enfermer mes brebis et de piocher dans ma trésorerie pour leur acheter du foin. On ne peut plus les laisser pâturer sans surveillance. Je n'en dors plus la nuit. »

Dans le secteur, il décompte environ une quinzaine d'attaques cette année. Si la loi a récemment évolué, assouplissant les règles encadrant les tirs de défense, ces nouvelles dispositions restent, aux yeux de l'éleveur, insuffisantes pour assurer la protection des troupeaux. Lui qui ne peut pas le protéger avec l'aide de patous, à cause des nombreux randonneurs qui traversent le chemin de Compostelle, appelle désespérément à une réaction des services de l'État.

Un appel à l'État

« On est sur les dents et tous à cran. Si l'État ne fait rien, je crains que la situation dérape chez les éleveurs. Je suis pour faire les choses dans le cadre réglementaire, mais il faudrait plus de réactivité. C'est à l'État et pas aux éleveurs de réguler l'espèce », plaide celui qui est aussi président du mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef).

Après l'attaque du 23 août dernier, les louvetiers sont venus « mais n'ont passé que 2 jours sur place sans faire aucun prélèvement », tempête l'éleveur. Sur des terres faites pour l'élevage extensif, Joël Brunet craint que l'effet de la sécheresse combiné à la prédation du loup ne fasse disparaître, à terme, le pastoralisme. « On arrive à un point où il faudrait presque faire de l'élevage hors-sol. J'ai peur que tout cela présage la fin de l'élevage », soupire le sexagénaire.

Partagés entre colère et désespoir, ses sentiments sont aussi ceux de nombreux éleveurs. Joël Brunet en est persuadé, des attaques de loups, il y en aura d'autres. Reste à savoir combien de temps encore les éleveurs accepteront de vivre avec cette menace au-dessus de leurs troupeaux.

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