Pisa : des parents déjà investis mais critiques sur l'école
Pisa : des parents déjà investis mais critiques

La publication de l'étude internationale Pisa, mardi, a révélé une baisse des compétences des élèves français, suscitant des réactions fortes. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a qualifié ces résultats de « préoccupants ». Face à ce constat, 20 Minutes a interrogé les parents d'élèves, dont l'investissement est également pointé du doigt dans l'enquête : l'intérêt manifesté pour les études de leurs enfants a chuté de 14 points. Les témoignages recueillis montrent que beaucoup de parents sont déjà impliqués, mais critiquent un système scolaire jugé dégradé.

Des parents déjà mobilisés au quotidien

Pour une grande partie des répondants, il n'était pas nécessaire d'attendre les conclusions de l'étude Pisa pour agir. De nombreux parents déclarent être déjà impliqués depuis longtemps, considérant que le suivi au quotidien relève de la responsabilité de la famille. Greg, dont le fils rentre au collège à la campagne, rappelle que sa priorité, « avant quoi que ce soit, ce sont mes enfants ». Il écrit ainsi que « non, nous n'allons pas les suivre plus, vu que nous le faisons déjà ». Un commentaire rejoint par un autre lecteur qui rapporte : « Je n'ai pas attendu le résultat de Pisa pour surveiller correctement la scolarité de mes enfants. C'est mon rôle de parent de les soutenir pour assurer leur réussite scolaire. »

Un système scolaire jugé dégradé

Plusieurs témoins rapportent un déclin de l'école publique, ciblant les conditions de travail dans les classes, la baisse du niveau des recrutements et le décalage entre les exigences théoriques et la réalité du terrain. Dans ce contexte jugé dégradé, la tâche des parents devient d'autant plus complexe.

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Sandrine, qui a passé son baccalauréat en 1992, insiste sur le fait qu'avec 30 élèves par classe, ces derniers « ne peuvent pas apprendre comme il faut » et que « de plus en plus souvent, il manque des profs qui ne sont pas remplacés, ou pas aidés, et le programme est de plus en plus light ». Quant à Marie, elle estime que « depuis 50 ans, (avec) la casse de notre système scolaire […] les parents sérieux peinent à s'impliquer dans ce désordre, les autres s'occupent plus de critiquer les enseignants que de faire ce qu'il faut pour que leurs enfants réussissent. »

Des inégalités sociales et la gestion problématique du temps

Si l'intention d'accompagner son enfant est largement partagée, plusieurs lecteurs rappellent que les parents se heurtent à des obstacles majeurs au quotidien. Tout le monde n'a pas les ressources nécessaires pour s'impliquer dans les apprentissages des enfants, entre des horaires de travail pénibles ou la monoparentalité. Un témoin rapporte notamment que « la réalité est plus complexe […]. Exemple typique dans mon entourage, une mère seule qui a trois enfants […], seule ça devient compliqué de pouvoir suivre la scolarité de ses enfants. »

Ces témoignages révèlent une vieille tension sur le système scolaire français. Le suivi des devoirs ne peut, à lui seul, combler les problèmes d'un système jugé à bout de souffle. Et si l'implication des familles demeure une aide précieuse, elle risque aussi d'accroître les inégalités entre les enfants dont les parents ont le temps ou les compétences, et tous les autres.

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