Pauvreté : l'idée de Lecornu de faire payer les casseurs ciblant les prestations sociales
Lecornu veut faire payer les casseurs via les prestations sociales

Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a suscité une vive polémique en proposant de faire payer les auteurs de dégradations lors des manifestations en déduisant le montant des réparations de leurs prestations sociales. Cette idée, qualifiée de « pauvre idée » par ses détracteurs, a été immédiatement critiquée par les associations de lutte contre la pauvreté et les syndicats.

Une proposition controversée

Intervenant sur une chaîne de télévision, Lecornu a déclaré : « Il faut que ceux qui cassent paient. Et s'ils n'ont pas les moyens, on peut prélever sur les allocations. » Cette déclaration intervient après des épisodes de violences urbaines lors de manifestations contre la réforme des retraites.

Les associations, comme le Secours populaire et la Fondation Abbé Pierre, ont dénoncé une mesure « stigmatisante » et « inefficace ». Elles rappellent que les prestations sociales sont souvent le seul revenu de personnes vulnérables, et que les priver de ces aides les plongerait davantage dans la précarité.

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Des précédents juridiques

Sur le plan légal, la proposition soulève des questions. Le code de l'action sociale et des familles prévoit que certaines prestations sont insaisissables, comme le RSA. Une modification législative serait nécessaire, mais elle risquerait de se heurter à des obstacles constitutionnels.

Des voix se sont élevées au sein même de la majorité présidentielle pour tempérer cette idée. Le ministre de la Justice a rappelé que « la justice doit s'appliquer de manière équitable, sans stigmatiser les plus pauvres ».

Réactions politiques

L'opposition a vivement réagi. La députée insoumise Mathilde Panot a dénoncé « une mesure de vengeance contre les plus précaires ». Le Rassemblement national, de son côté, a apporté un soutien prudent, estimant que « les casseurs doivent payer, mais pas au détriment des familles ».

Cette proposition intervient dans un contexte où le gouvernement cherche à durcir les sanctions contre les violences lors des manifestations. Cependant, de nombreux experts estiment que cette mesure serait contre-productive, car elle pourrait exacerber la colère et la défiance envers les institutions.

Alternatives envisagées

Plusieurs parlementaires proposent plutôt de renforcer les travaux d'intérêt général ou d'augmenter les amendes forfaitaires pour les dégradations. D'autres suggèrent de créer un fichier des « casseurs » pour faciliter les poursuites.

En attendant, le débat est lancé. Le gouvernement devra trancher entre une approche répressive et une approche préventive, tout en évitant de fragiliser davantage les populations déjà vulnérables.

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