Soumission chimique : cinq victimes de l'affaire Negre poursuivent l'État
Affaire Negre : cinq victimes poursuivent l'État

Cinq victimes de soumission chimique dans l'affaire Christian Negre ont décidé de poursuivre l'État en justice. Elles reprochent au ministre de l'Intérieur de l'époque, Gérald Darmanin, d'avoir minimisé leurs plaintes. Selon elles, le sujet faisait souvent rire au ministère, ce qui a retardé les enquêtes et permis au suspect de continuer ses agissements.

Des années d'inaction

Les victimes, toutes des femmes, affirment avoir été droguées à leur insu par Christian Negre, un homme d'affaires aujourd'hui mis en examen pour viols et administration de substances nuisibles. Elles estiment que l'État a failli à son devoir de protection en ne prenant pas leurs signalements au sérieux. Les faits se seraient déroulés entre 2014 et 2020, mais ce n'est qu'en 2021 que l'affaire a réellement éclaté.

Un rire qui en dit long

L'une des plaignantes, Sophie (le prénom a été modifié), raconte : "Quand je suis allée déposer plainte, on m'a ri au nez. On m'a dit que je faisais une fixation sur cet homme." Ce sentiment d'être ridiculisées a été partagé par plusieurs victimes, qui ont dû attendre des années avant que leurs paroles soient prises en compte. Selon leur avocat, Me Antoine Casubolo, "le ministère de l'Intérieur a fait preuve d'une légèreté coupable".

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Une action en justice pour faire reconnaître les torts

Les cinq femmes ont donc saisi le tribunal administratif de Paris pour obtenir la reconnaissance de la responsabilité de l'État. Elles demandent réparation pour le préjudice moral subi et espèrent que cette action permettra d'éviter que d'autres victimes ne subissent le même sort. "Nous voulons que l'État admette ses erreurs et mette en place des procédures pour que les plaintes pour soumission chimique soient prises au sérieux", explique une autre plaignante.

Un phénomène encore tabou

La soumission chimique, qui consiste à administrer des substances à une personne à son insu pour la violer ou la voler, est un phénomène encore mal connu et souvent sous-estimé par les autorités. Les victimes se heurtent fréquemment à l'incompréhension et à la banalisation de leurs souffrances. Cette affaire met en lumière les lacunes de la prise en charge judiciaire de ces crimes.

La défense de l'État

De son côté, le ministère de l'Intérieur se défend en affirmant que les plaintes ont été traitées conformément aux procédures en vigueur. Il conteste toute négligence et estime que les victimes ont été entendues. Cependant, pour les plaignantes, les faits parlent d'eux-mêmes : Christian Negre a pu agir pendant des années sans être inquiété, malgré plusieurs signalements.

L'audience est prévue dans les prochains mois. Les victimes espèrent que cette action en justice contribuera à faire évoluer les mentalités et à améliorer la prise en charge des victimes de soumission chimique en France.

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