Le maire de Vintimille, Flavio Di Muro, assume sa ligne de fermeté face aux campements de sans-abri, quelques jours après l'évacuation de plusieurs bivouacs. Dans un entretien accordé à Nice-Matin, il revient sur les raisons de cette opération, la situation des personnes concernées et la recherche d'un équilibre entre respect de l'espace public et accompagnement des plus fragiles.
Une opération coordonnée avec la police et les services sanitaires
L'opération d'évacuation a été coordonnée par la Police nationale, en collaboration avec les services municipaux et les autorités sanitaires italiennes. Des tentes avaient été installées sur deux secteurs de la promenade Trento e Trieste ainsi que sur le parking du supermarché Coop. L'intervention fait suite à plusieurs signalements d'habitants évoquant des situations de dégradation et, dans certains cas, des comportements jugés problématiques.
Un arrêté municipal pour interdire les campements
Flavio Di Muro a signé un arrêté qui interdit toute forme de campement et de bivouac afin de préserver le cadre de vie. Il rappelle qu'il existe des structures permanentes capables d'accueillir ces personnes, mais que l'accès à ces dispositifs se fait sur une base volontaire et qu'il arrive que les personnes refusent cette prise en charge. Le maire a réuni l'ensemble des acteurs concernés : services municipaux, services sociaux, police locale, agence sanitaire locale et centre de santé mentale. « Chacun doit prendre sa part de responsabilité », déclare-t-il.
« Tolérance zéro » mais accompagnement social
Le maire revendique une politique de « tolérance zéro » concernant les campements et les occupations illégales de l'espace public. Il précise : « Je suis pour une tolérance zéro concernant les campements et les occupations illégales de l'espace public. Mais cela ne signifie pas abandonner ces personnes. » Dans un cas particulier, une mesure d'éloignement du territoire communal a été prononcée à l'encontre d'une personne qui avait manifesté des signes préoccupants de violence. « Cette personne créait depuis longtemps des problèmes de dégradation et représentait un danger dans un secteur fréquenté par des familles et des enfants, à proximité des écoles françaises », explique Flavio Di Muro. Il a engagé les démarches pour appliquer un outil prévu par la loi, déjà décidé par le préfet de la province d'Imperia, permettant d'éloigner du territoire communal les personnes considérées comme dangereuses.
Des situations liées à la grande précarité, pas à l'immigration
Selon le maire, la majorité des campements évacués étaient installés sur la plage, le long de la promenade Trento e Trieste. Il affirme qu'il ne s'agit pas d'un phénomène lié à l'immigration, mais de situations de grande pauvreté et parfois de souffrance psychique. « Ce sont donc avant tout des problématiques sanitaires et sociales qui doivent être prises en charge comme telles », insiste-t-il. Il ajoute que la ville de Vintimille ne peut pas être la seule à supporter les conséquences de ces situations.
Devenir des personnes évacuées : soins et orientation
Après une évacuation, les personnes sont d'abord conduites aux urgences afin de recevoir les soins et les examens médicaux nécessaires. Ensuite, l'objectif est de les orienter vers les structures médico-sociales existantes dans la province d'Imperia, afin qu'elles puissent bénéficier d'un accompagnement adapté. « Il ne peut pas être question de les laisser dans la rue, avec les risques que cela représente pour elles-mêmes, pour les habitants et pour les passants », souligne le maire.
Une gestion au cas par cas, pas une urgence généralisée
Flavio Di Muro tient à préciser qu'il ne s'agit pas d'une situation d'urgence généralisée : « Nous parlons de deux ou trois cas dans la ville. Nous essayons de les gérer de la meilleure manière possible mais les délais ne peuvent pas toujours être ceux d'une évacuation immédiate, car il faut un travail de dialogue entre les services sociaux et les services de santé pour comprendre les besoins réels de chaque personne. »
Message aux habitants : signaler via l'application municipale
Le maire invite les habitants à continuer à signaler les cas de dégradation via l'application de la commune ou, pour les faits plus graves, à contacter directement la police. « La sécurité, la propreté et le cadre de vie sont des priorités pour mon équipe municipale. Nous faisons tout notre possible pour améliorer la qualité de vie et l'image de Vintimille », conclut-il.



