Primaire à gauche : passes d'armes sur LFI, Gaza et l'économie
Primaire à gauche : passes d'armes sur LFI, Gaza et l'éco

Les cinq candidats à la primaire de la gauche sociale-démocrate se sont affrontés lors d'un deuxième débat télévisé de deux heures, jeudi 30 septembre, sur France 2 et France Inter. L'alliance avec La France insoumise, la qualification des actions à Gaza et les accusations contre Jordan Bardella ont dominé les échanges.

LFI comme "éléphant dans la pièce"

Comme lors de la première rencontre, les candidats se sont de nouveau divisés autour de La France insoumise, avec un affrontement de plus en plus intense entre Raphaël Glucksmann et Olivier Faure. Interrogé sur une éventuelle alliance avec la gauche radicale, le patron des socialistes s'est agacé de "l'éléphant dans la pièce" que serait selon lui Jean-Luc Mélenchon. "J'ai du mal à comprendre pourquoi à chaque débat entre nous le vainqueur par contumace ce devrait être" le leader insoumis, a-t-il déploré, rappelant que le risque était d'abord celui d'une victoire du Rassemblement national en 2027.

"Tu es habité par l'esprit de défaite", lui a répliqué Raphaël Glucksmann, pour qui la clarté sur les alliances est essentielle. Le prochain président de la République ne pourra pas "jouer à une alliance avec ceux qui surfent sur des fièvres identitaires", a-t-il affirmé, alors que son rival plaide pour un rassemblement de la gauche aux législatives. "Moi je veux gagner cette élection pour être élu président de la République", a insisté l'eurodéputé. "Moi aussi", a répondu Olivier Faure. "Je ne crois pas", a cinglé Glucksmann.

Gaza : "Utiliser les bons mots"

Les candidats se sont également écharpés sur l'emploi du mot "génocide" pour qualifier les actions de l'armée israélienne à Gaza. "Je ne comprends pas pourquoi on n'utilise pas les bons mots", a affirmé Olivier Faure, alors que Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj refusent de l'employer. "Ce que tu fais est obscène", s'est indigné Glucksmann. Ségolène Royal a dit comprendre "ceux qui ne veulent pas utiliser le mot génocide" mais souligné qu'"aujourd'hui en Israël, il y a des ministres qui affirment vouloir un génocide" à Gaza.

Économie : la proposition de Glucksmann critiquée

En matière économique, Raphaël Glucksmann s'est retrouvé en difficulté sur sa proposition de baisse de la CSG sur les salaires, critiquée par les autres candidats. L'eurodéputé veut le rapprochement du salaire net vers le salaire brut en baissant la CSG, compensé par la taxation des méga héritages. "Baisser les cotisations sociales, les libéraux disaient que c'était pour baisser le coût du travail, désormais, comme Raphaël, ils disent que c'est pour augmenter les salaires", a cinglé Olivier Faure, y voyant une mesure ponctuelle. Ségolène Royal a renchéri : "C'est dangereux […] parce que c'est transférer vers le budget de l'État la protection sociale."

Les cinq candidats se sont néanmoins retrouvés pour estimer que le patron du RN Jordan Bardella, accusé d'antisémitisme par Mediapart, était désormais "disqualifié". Ils ont également condamné les violences en marge des mouvements lycéens, mais déploré celles commises par certains policiers. L'un des cinq sera désigné par les militants, les 9-10 et 16-17 octobre, candidat de la gauche sociale-démocrate à la présidentielle. Le premier débat sur LCI a été suivi par 709 000 téléspectateurs en moyenne. Un troisième et dernier débat aura lieu dimanche sur BFMTV.