Trek à La Réunion : une randonnée sous l'orage vire au cauchemar
Trek à La Réunion : une randonnée sous l'orage vire au cauchemar

En février 2006, Alice et une dizaine de randonneurs d'une vingtaine d'années se lancent dans un trek ambitieux de 32 kilomètres avec 2 700 mètres de dénivelé positif en deux jours, depuis le belvédère du Maïdo jusqu'au cirque de Mafate, joyau de l'île de La Réunion. Mais ce qui devait être une aventure paradisiaque se transforme en enfer à cause d'un orage tropical.

Une entorse et une fièvre inquiétante

Le premier jour, le temps est pluvieux mais le groupe garde le sourire. Cependant, à quelques kilomètres du gîte, Delphine se fait une vilaine entorse de cheville. Ses compagnons la soutiennent jusqu'au refuge. La pluie s'intensifie et des trombes d'eau s'abattent sur eux. Au gîte, ils trouvent peu de monde, pas de nourriture, et des randonneurs les informent que le chemin est condamné car les eaux montent extrêmement vite. Ils passent la nuit avec quelques biscuits partagés. Une autre randonneuse, Malaury, commence à grelotter et à avoir de la fièvre, ce qui fait craindre le chikungunya.

Nuit d'orage et décision cruciale

Pendant la nuit, les pluies s'intensifient avec des éclairs déchirant le ciel. « Il pleuvait littéralement des seaux d'eau », se souvient Alice. Au matin, Delphine, incapable de poser le pied, reste au refuge avec une amie ; elles seront évacuées par hélicoptère. Les autres décident de rebrousser chemin et de gravir les 1 000 mètres de dénivelé sous des pluies diluviennes pour retrouver leurs voitures au Maïdo.

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Une remontée sous la menace des éboulements

« On n'avait pas trop le choix. C'était un déluge, j'avais la sensation que c'était la fin du monde. Il y avait des éclairs, de l'eau qui coulait, des éboulements assourdissants », raconte Alice. Elle ajoute : « J'avais peur de me prendre des rochers sur la tête. » Le groupe, courbé et focalisé sur la marche, parvient à atteindre le dernier plat. Alice, distancée, finit au pas de course, les pieds dans l'eau, baissant la tête pour éviter les éclairs.

La voiture manque d'être emportée

Arrivée au parking, Alice monte dans une voiture et découvre que l'île est en vigilance pluies tropicales. Le trajet est épique : la route est inondée, l'eau monte dans l'habitacle. Adrien, conducteur d'une vieille Daewoo, se souvient : « On a passé des ravines qui dégorgeaient beaucoup. Avec du recul, c'était très con, on aurait pu être emporté. » La voiture s'arrête sans cesse. Ils trouvent refuge près d'un hôpital, mais en ouvrant la porte, l'eau entre et la voiture dérive dans la rue. Elle sera abandonnée plusieurs jours, trempée et avec une odeur de mort.

Une aventure qui lie pour toujours

« C'est une sensation apocalyptique qui est restée gravée dans ma mémoire. Je me suis souvent dit qu'on avait été bêtes de s'engager comme ça, mais on en garde un souvenir dingue. Cette mésaventure nous a liés pour toujours », conclut Alice avec émotion.

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