Matcha : alerte à l'aluminium dans plusieurs références testées
Matcha : alerte à l'aluminium dans plusieurs références

Quatre des sept matchas analysés par l'association Que Choisir dépassent la valeur toxicologique de référence de 40 microgrammes par kilo de poids corporel et par jour retenue par l'Anses pour une seule tasse. Le produit le plus contaminé affiche 4 260 mg d'aluminium par kilo de poudre, soit près de quatre fois cette valeur pour un adulte de 70 kg consommant une tasse de 2,5 g.

Une contamination généralisée dans les matchas testés

Dans un test publié le 24 septembre 2026, Que Choisir a détecté de l'aluminium dans les sept références de matcha analysées. L'association alerte sur la présence de ce métal toxique dans une boisson devenue emblématique des habitudes dites « healthy ». La journaliste Elsa Casalegno et Lauryne Dos Santos, ingénieure agroalimentaire et rédactrice technique à Que Choisir, ont expliqué à Midi Libre que cette contamination provient notamment de la nature même du produit.

Contrairement à un thé classique dont les feuilles sont infusées puis retirées, « tout est ingéré » dans le matcha, rappelle Elsa Casalegno. Fabriqué à partir de tencha, un thé vert japonais dont les feuilles sont broyées en poudre, le matcha contient la feuille entière. Or le théier est cultivé sur des sols volcaniques naturellement riches en aluminium, et la consommation de la feuille entière entraîne l'ingestion des contaminants accumulés.

Des risques liés à une exposition répétée

Boire une tasse de matcha ne provoque pas d'intoxication aiguë, mais « c'est la répétition d'exposition » qui pose problème, insistent les deux spécialistes. L'aluminium est un métal naturellement présent dans les sols et se retrouve dans de nombreux aliments. Selon l'Anses, 39 % des adultes dépassent déjà la valeur de référence via leur alimentation. Une consommation quotidienne de matcha peut donc accroître cette exposition.

Sur le long terme et à très fortes doses, l'aluminium peut avoir des effets toxiques sur le système nerveux central et le tissu osseux. Pour Que Choisir, l'effet de mode autour du matcha rend cette exposition d'autant plus problématique. Latte, cookies, pâtisseries : la poudre verte s'est multipliée dans les recettes et sur les réseaux sociaux. Plusieurs influenceuses en vendent désormais sous leur propre marque, comme Stelle avec Noka Matcha ou Andie Ella avec Milia Matcha.

Des recommandations de consommation limitée

« Ce n'est pas une boisson du quotidien », tranche Elsa Casalegno. Pour les références les moins contaminées, mieux vaut se limiter à « deux ou trois tasses par semaine », en rappelant qu'« il y a quand même de grandes différences » d'un matcha à l'autre. Quant aux bienfaits vantés – énergie, concentration, antioxydants –, Que Choisir estime que rien ne justifie une consommation quotidienne : « Les antioxydants, on peut les avoir dans l'alimentation », soulignent les deux spécialistes, qui recommandent de considérer le matcha comme « un aliment d'exception ».

À ce jour, aucun des produits testés n'est illégal : l'Union européenne ne fixe aucune teneur maximale en aluminium dans les aliments et les boissons. En l'absence d'un seuil réglementaire, aucun des sept matchas testés n'est donc hors-la-loi, quelles que soient les quantités relevées.