Des détenues sanctionnées pour avoir critiqué le transfert de Ghislaine Maxwell
Plusieurs détenues du camp pénitentiaire fédéral de Bryan, au Texas, affirment avoir été « sanctionnées » ou « transférées » après avoir critiqué le transfert de Ghislaine Maxwell dans cet établissement de sécurité minimale. Selon CNN, ces femmes ont pris la parole pour dénoncer l'arrivée de la complice de Jeffrey Epstein, ce qui leur a valu des représailles de la part de l'administration pénitentiaire.
Ghislaine Maxwell, condamnée en 2022 à 20 ans de prison pour avoir recruté des jeunes filles mineures entre 1994 et 2004 afin que Jeffrey Epstein les exploite sexuellement, a été transférée cet été au camp pénitentiaire fédéral de Bryan, au Texas. Ce transfert a bouleversé les détenues, dont la plupart sont condamnées pour des courtes peines ou des délits financiers. « Cet établissement est censé accueillir des délinquants non violents. Le trafic d'êtres humains est un crime violent. Elle a aidé à trouver, manipuler et faire le trafic d'enfants pour Epstein », a confié Julie Howell, une ancienne détenue qui a croisé Ghislaine Maxwell à la prison de Bryan.
Une présence qui inquiète
Au-delà du transfert, c'est la présence même de Ghislaine Maxwell qui a bouleversé le quotidien des autres détenues. « Nous avons entendu dire qu'elle fait l'objet de menaces de mort et beaucoup d'entre nous s'inquiètent pour leur propre sécurité à cause de sa présence », raconte Julie Howell. « Nous avons dû être confinées dans nos appartements, stores baissés, car elle est là et nous fait perdre le peu de liberté dont nous disposons, simplement parce qu'elle coopère avec les autorités », ajoute-t-elle.
Des représailles après des interviews
Quelques jours après s'être confiée aux journalistes de CNN, Julie Howell a reçu la visite dans sa cellule de la directrice du camp de Bryan, Tanisha Hall. « Elle est entrée et m'a demandé à quoi je pensais. Elle m'a dit que son téléphone n'avait pas arrêté de sonner, que j'avais gâché son week-end et que je n'aurais pas dû parler », explique l'ancienne détenue. Peu après, Julie Howell a été transférée dans un centre de détention fédéral à Houston, avant d'apprendre qu'elle avait reçu un avertissement pour « comportement perturbateur », « utilisation abusive du courrier » et « communication non autorisée avec le public », selon CNN.
Une autre ancienne détenue de Bryan, toujours incarcérée dans un autre établissement, s'est elle aussi confiée à CNN. Selon son récit, dès l'arrivée de Ghislaine Maxwell, la direction aurait fait comprendre que toute prise de parole concernant la complice d'Epstein ne serait pas tolérée. « Quelqu'un dans mon dortoir a fait une remarque : vous savez, voilà ce qui arrive quand on amène un pédophile dans un camp », raconte cette détenue. « Ne faites plus jamais ce genre de commentaire. Je ne veux plus jamais vous entendre dire ça », aurait alors hurlé un responsable de l'établissement. Une heure après s'être entretenue avec CNN par téléphone, cette détenue a été convoquée par la direction de la prison. « J'ai été détournée de la salle principale pour écouter la directrice me crier dessus devant la cafétéria », a-t-elle déclaré, avant d'être, elle aussi, transférée au centre de détention fédéral de Houston.
Des privilèges accordés à Ghislaine Maxwell
D'autres détenues évoquent un traitement de faveur accordé à Ghislaine Maxwell dès son arrivée à Bryan : les repas et l'eau livrés directement dans sa cellule, du papier toilette en illimité, un accès privé à la chapelle de la prison et des déplacements sous escortes avec des gardes armés. Ce transfert d'une prison à régime allégé de Tallahassee, en Floride, au camp pénitentiaire de Bryan l'été dernier a alimenté les spéculations selon lesquelles le gouvernement lui aurait accordé un traitement de faveur en échange de son silence concernant la relation passée entre le président Donald Trump et Jeffrey Epstein. Lors de son entretien avec le procureur général adjoint de l'époque, Todd Blanche, Ghislaine Maxwell a tenu des propos flatteurs à l'égard de Donald Trump, selon CNN, affirmant ne jamais avoir vu de comportement inapproprié de sa part.



