Le tribunal correctionnel de Béziers a condamné, jeudi 18 juin, quatre hommes et un mineur à des peines de dix à quinze mois de prison avec sursis pour l’enlèvement et la séquestration d’un voleur de moto présumé. Les faits s’étaient déroulés le 17 avril 2024 après une dispute devant la caserne des pompiers de Béziers.
Les faits : une traque sur Snapchat
Il était un peu plus de 21 h, le 17 avril, quand les pompiers de Béziers de garde, ce soir-là, ont assisté à une scène peu ordinaire. Alors que six personnes se disputaient avec une autre, la querelle dégénère. Un homme est saisi et enfermé dans le coffre d'une voiture qui prend alors la fuite. Il est suivi par une autre voiture et un pilote de moto.
Très vite, les policiers alertés réalisent les premières constatations sur les lieux de l'enlèvement. L'observation des images de vidéosurveillance de la ville permet très vite d'identifier le véhicule et son propriétaire. Dans le même temps, le témoignage d'un policier municipal donne un nouveau tournant à cette affaire.
Repérés via Snapchat
Sur un groupe Snapchat, il a pu voir un post sur lequel un homme s'indignait après le vol de sa moto. La même machine que celle qui avait été vue devant la caserne des pompiers. "Au FDP qui a volé mon cross, tout l'Hérault te cherche..." Le soir des faits, un autre post indiquait : "Faut pas me voler à moi je vous le dis bande de Zgeg Moto retrouvée". L'auteur de ces messages était alors très vite identifié ainsi que celui qui aurait volé la moto, un mineur, retrouvé le lendemain avec une blessure à la tête.
En quelques jours, toute la bande était identifiée et entendue dans le cadre d'une garde à vue. Tous expliquaient alors plus ou moins clairement leur participation, justifiée selon eux par le vol de la moto au petit frère du groupe. Les policiers entendront alors une dizaine d'individus. Deux ou trois participants, reconnus devant la caserne des pompiers, n'ont jamais été identifiés.
Les condamnations
Jeudi 18 juin, cinq personnes étaient poursuivies pour séquestration et enlèvement d'un homme. Deux des prévenus ont été relaxés de la séquestration. Pour l'un d'eux, la violence a été retenue et il a été condamné à dix mois de prison avec sursis. Les trois autres ont été condamnés pour l'ensemble des faits et le tribunal les a condamnés à quinze mois de prison avec sursis. Une sixième personne, mineure, a elle aussi été condamnée devant le tribunal pour enfants au début du mois de juin à un an de prison avec sursis.
Selon Jean-Pierre Amarger, journaliste à Midi Libre, l'affaire illustre l'utilisation des réseaux sociaux pour organiser des représailles. Les prévenus ont justifié leur acte par le vol de la moto, mais le tribunal a retenu la qualification d'enlèvement et séquestration.



