Les suppressions de postes de grande ampleur envisagées par le directeur du renseignement national par intérim nommé par Donald Trump, Bill Pulte, ont commencé dès lundi, selon une source informée du dossier citée par CNN. Le média américain rapporte que six responsables politiques du Bureau du directeur du renseignement national (ODNI), nommés sous l’ancienne directrice Tulsi Gabbard, ont été licenciés, tandis que 45 agents de carrière détachés auprès de l’agence ont été renvoyés dans leurs administrations d’origine.
Une réduction des effectifs au cœur de la mission de Pulte
L’ODNI, chargé de coordonner les 18 agences de renseignement américaines, est critiqué depuis plusieurs années par une partie de la droite trumpiste, qui l’accuse d’incarner un « État profond » hostile au président. Donald Trump a justifié la nomination de Bill Pulte en expliquant que celui-ci devait mener une réduction immédiate et profonde des effectifs.
Si la désignation de Pulte, dépourvu d’expérience dans le domaine de la sécurité nationale, avait initialement suscité des inquiétudes chez certains républicains, plusieurs élus semblent désormais rassurés. Selon des sources proches des discussions au Congrès, celui-ci aurait déjà présenté un plan détaillé de réforme et travaillerait étroitement avec la commission sénatoriale du renseignement pour encore alléger les effectifs, notamment au Centre national de lutte contre le terrorisme (NCTC) ainsi qu'au Centre national de contre-espionnage et de sécurité.
Une période d'incertitude pour l'ODNI
Déjà fragilisé par de précédentes réductions engagées sous Tulsi Gabbard, qui prévoyait une baisse de 40 % des effectifs en 2025, l’ODNI traverse une période de forte incertitude. Selon une source interne évoquée par CNN, plus de la moitié des bureaux seraient aujourd’hui inoccupés et le moral du personnel serait au plus bas, certains employés comparant l’atmosphère actuelle au traumatisme vécu pendant la pandémie de Covid-19.
Ces mesures ont aussi suscité l’inquiétude chez les principaux élus démocrates siégeant aux commissions du renseignement du Sénat et de la Chambre des représentants. Dans une lettre adressée lundi à Bill Pulte, ces derniers ont mis en garde contre les conséquences d’une telle réduction des effectifs. « Nous sommes préoccupés par les informations selon lesquelles vous avez l’intention de licencier ou de placer en congé des centaines d’agents du Bureau du directeur du renseignement national dès cette semaine », écrivent le sénateur Mark Warner et le représentant Jim Himes. Et de poursuivre : « S’il est possible d’envisager des réductions responsables des effectifs de l’ODNI, toute suppression massive de postes s’ajouterait à une réduction substantielle déjà intervenue en 2025 et risquerait de compromettre la mission d’une organisation explicitement créée après le 11 septembre afin de prévenir toute nouvelle attaque terroriste de ce type. »
Ils estiment plus loin qu'« apporter des changements structurels importants à l’ODNI, y compris une réduction des effectifs, n’est pas une démarche appropriée pour une personne exerçant ces fonctions à titre intérimaire, et encore moins sans consultation du Congrès. Vous devriez vous abstenir de le faire ».
La Maison-Blanche renvoie aux déclarations de Trump
Interrogée sur ces licenciements, la Maison-Blanche a renvoyé à une récente publication de Donald Trump sur Truth Social, dans laquelle ce dernier ne se cachait pas de vouloir restructurer l’ODNI. Si le dirigeant américain a déjà déclaré qu’il souhaitait que Bill Pulte n’occupe cette fonction que temporairement, la durée de cette période reste néanmoins incertaine.



