Saisonnier frappé au marteau : six ans de prison à Nîmes
Saisonnier frappé au marteau : six ans de prison à Nîmes

Le tribunal correctionnel de Nîmes a condamné jeudi 22 octobre Brahim D., ressortissant marocain de 38 ans, à six ans de prison ferme avec interdiction du territoire français. Il était jugé pour avoir grièvement blessé son collègue, âgé de 43 ans, en l'attaquant au marteau le 20 octobre 2025 à Saint-Gilles, dans le Gard.

Une altercation filmée et violente

Selon le récit du président du tribunal, dans la soirée du 20 octobre 2025, vers 22 h 55, le prévenu s'est rendu au domicile de son collègue pour récupérer les 80 euros qu'il lui aurait prêtés. Il était armé d'un marteau et a décidé de filmer la scène. L'enregistrement vidéo de 18 minutes a permis aux gendarmes de constater la violente altercation, qui aurait pu finir tragiquement. Plus tard dans la nuit, la victime a été retrouvée ensanglantée en haut de son escalier, à son domicile.

Des séquelles graves pour la victime

La victime a subi de graves blessures à la tête. Elle présente de lourdes séquelles cognitives, notamment des troubles du comportement, des absences et des pertes de mémoire. À l'audience, elle a déclaré : « Je ne peux plus me repérer dans l’espace, je ne peux plus rester seul. Maintenant je fais des crises d’épilepsies et je ne sens plus la partie gauche de ma tête. » Son avocate, Me Khadija Aoudia, a insisté sur les conséquences : « Il a perdu une partie de ce qui faisait de lui un homme […] Il est devenu l’ombre de qui il était. »

La défense conteste la préméditation

La procureure a affirmé que la « légitime défense ne peut être attestée », soulignant la détermination du prévenu à son arrivée. Me Rémy Nougier, avocat de la défense, a contesté la préméditation, expliquant que son client était venu armé par précaution et pour filmer la scène. Il a déclaré : « C’est une bagarre qui a mal tourné […] Il ne demandait que son argent. » Le prévenu aurait déclaré à son collègue : « Je ne veux pas te frapper mon ami, je ne veux pas te frapper. »

Un profil sans antécédents

Brahim D., décrit par ses collègues comme posé, réservé et travailleur, n'a aucun antécédent judiciaire. Il a pris la parole pour s'excuser : « Encore une fois, je demande pardon. J’ai encore du mal à y croire. » Son avocat a conclu : « On est là pour parler de l’avenir d’un homme. […] Après avoir demandé pardon, il ne demande qu’une chose, c’est un horizon serein. »

À l'issue du délibéré, Brahim D. a été condamné à six ans de prison ferme avec interdiction du territoire français.