Deux pompiers sont morts mardi en Gironde, piégés par un feu de pins « très virulent » près de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac. Les deux soldats du feu, rattachés au centre de secours de Saint-Médard-en-Jalles, ont été pris au piège dans leur camion. Les circonstances exactes restent à déterminer.
Des conditions de travail sous tension
Éric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, évoque une situation de « tensions permanentes » liée à la « surcharge opérationnelle ». Selon lui, les pompiers sont confrontés à une pression croissante.
Sandy Leroy, délégué CGT du Sdis des Landes, déplore que « à chaque fois qu’il y a des morts, il y a des hommages, mais le problème de fond des moyens n’est pas traité ». Il craint que cette saison de feux, « démarrée très tôt », ne se solde par « d’autres drames ».
Le manque d'effectifs en première ligne
Bruno Ménard, porte-parole national du syndicat des pompiers volontaires (qui représentent 80 % des effectifs), insiste : « On parle beaucoup de matériel mais les plus grosses difficultés sont sur les ressources humaines. » Il décrit des pompiers « lessivés », envoyés en renfort d’un département à l’autre, dormant « sur des lits picots entre les camions dans un hangar », et parfois contraints de retourner travailler chez leur employeur entre deux interventions.
Dans la Vienne, Delphine Renaud, secrétaire générale CGT du Sdis 86, se dit « inquiète » pour la suite de l’été. Le syndicat alerte « depuis des années » sur le manque de moyens dans ce département de Nouvelle-Aquitaine. Sur la première quinzaine de juillet, 300 hectares y ont brûlé et les pompiers sont intervenus à 115 reprises, du jamais-vu.
Un manque d'anticipation face au changement climatique
Delphine Renaud déplore un manque d’anticipation face à l’impact du changement climatique : « Ce qu’on vit, c’est juste le début de ce qui nous a été annoncé. Il y a de l’épuisement, on prend de plus en plus de risques en pariant sur le facteur chance. »
Selon les données satellitaires du système européen Effis, plus de 42 000 hectares ont brûlé en France entre janvier et mi-juillet, dépassant le précédent record de 2022. Le 8 juillet, un sapeur-pompier volontaire de 22 ans avait déjà été tué lors d’une intervention en Savoie.



