Les scènes de violences et de pillage ont effacé les revendications de la manifestation qui unissait la jeunesse et les « gilets jaunes » ce samedi 17 octobre. Selon le ministre du Commerce, Serge Papin, au moins « 3.000 commerces » ont subi des dégradations ou des pillages durant le week-end en France. Nike, Sephora, Franprix, Yves Rocher… Les images ont fait le tour des réseaux sociaux.
Des commerçants sinistrés et des pertes considérables
On y voit parfois des propriétaires en pleurs à la découverte de leurs boutiques comme Hassan, qui possède un magasin de téléphonie près de la place de la République à Paris. Une cagnotte a été lancée et réunissait hier soir déjà plus de 80.000 euros. Rashadul, qui gère une boutique sur le boulevard Magenta à Paris, racontait auprès de franceinfo : « J'ai des clients, des voisins du quartier qui arrivent pour nous demander comment ils peuvent nous aider à rouvrir notre boutique. » Il estime que ses pertes pourraient se chiffrer à 170.000 euros.
Un élan de solidarité dès dimanche matin
Et alors que certains ont tout perdu, commerçants et habitants se sont mobilisés, un élan de solidarité qui a débuté dès dimanche matin. Dans plusieurs villes, de nombreuses personnes sont descendues dans les rues équipées de gants, de sacs-poubelle, parfois de balais, pour nettoyer. « Ça prend deux minutes et ça permet de décharger les agents de propreté », écrit un internaute sur Instagram.
Dès la nuit de samedi et tout au long de ce dimanche, plus de 1.000 agents de la propreté, dont certains ont interrompu leurs congés, ont été mobilisés pour nettoyer et remettre en état l'espace public, afin de permettre un retour à la normale au plus vite. À leurs côtés, des Parisiens et Parisiennes sont venus spontanément prêter main forte pour remettre en ordre leur quartier. « Ça fait vraiment plaisir », souligne Rashadul.
Des riverains s'organisent face aux pillages
D'autres sont venus en aide aux commerçants pour désencombrer les boutiques pillées, où le verre des vitrines et les restes des étals jonchaient le sol. Certains ont même lancé une cagnotte pour soutenir Rashadul. La casse et les pillages ont continué dimanche, notamment dans la soirée. Sur les réseaux sociaux, un habitant du 3e arrondissement de Paris a été filmé en train de lancer des seaux d'eau, depuis sa fenêtre, sur des personnes qui tentaient de piller le magasin du dessous. Certains riverains sortaient également leurs téléphones dès qu'ils suspectaient qu'un pillage était en cours, « par précaution, au moins ils pourront être interpellés », explique une habitante du 11e arrondissement de Paris.
Du côté de la rue du Faubourg du Temple, vers 22 heures, quelques jeunes s'étaient mobilisés pour prêter main-forte au propriétaire d'un magasin dont les fenêtres avaient été cassées. « Ils sont passés, ils m'ont proposé leur aide pour installer les panneaux de bois. Ça me permet au moins de sécuriser pour la nuit, et on verra ensuite pour les gros travaux », raconte-t-il. Les pillages se sont poursuivis dans la nuit de dimanche à lundi du côté de Châtelet. Une commerçante a tenté elle-même, équipée d'un bâton, de défendre sa boutique. « C'est mon magasin », peut-on l'entendre dire. Quelques passants sont venus lui prêter main-forte face aux pilleurs qui tentaient d'entrer.