Lundi 3 août 2026 au soir, une vingtaine de militants de l'association PAZ (Projet animaux zoopolis) se sont rassemblés devant le cinéma Pathé Masséna, au 31 avenue Jean-Médecin à Nice, pour protester contre la projection du film « Le Triangle d'or », réalisé par Hélène Rosselet-Ruiz, qui met en scène une panthère noire nommée Ranny. Les pancartes affichaient des slogans tels que « Emprisonnés à vie pour des tournages » et « Les animaux ne sont pas des acteurs ».
Une dénonciation de la captivité des animaux sauvages
Jeanetthe Valdes, référente de PAZ dans les Alpes-Maritimes, a dénoncé une « cruauté » imposée à l'animal : « On parle d'un animal sauvage qui a été dressé et maintenu en captivité simplement pour servir les intérêts du film. Une panthère a besoin de chasser, d'espace, or là on la prive de tout ça. Nous avons maintes fois essayé d'entrer en contact avec l'équipe qui a réalisé ce film mais rien n'y a fait. »
Le discours engagé de l'association a trouvé des soutiens parmi les passants et spectateurs. Nadine, une passante, a partagé son rejet total de l'utilisation d'animaux sur les plateaux de tournage : « C'est vraiment horrible d'exploiter ces pauvres bêtes. Je soutiens ces associations qui nous permettent d'ouvrir les yeux sur des pratiques qu'on ne voit pas lorsqu'on est spectateur. Je ne vais plus voir ces films qui mettent en scène des animaux sauvages et parfois menacés. »
Une hypocrisie dénoncée dans l'industrie cinématographique
Au-delà de l'exploitation des animaux sauvages, PAZ pointe une dissonance entre les discours et les actes dans l'industrie cinématographique : « Ce film est un bel exemple d'hypocrisie avec un scénario profondément engagé sur la question des droits des femmes mais qui ne prend absolument pas en compte la question du respect des animaux toujours utilisés comme des accessoires de décor avec des dresseurs. »
L'association appelle à « remplacer » les animaux par des illustrations graphiques réalisées par intelligence artificielle ou par des effets spéciaux. Une proposition qui ne satisfait pas certains cinéphiles, comme Cyril : « On peut tous être d'accord sur le fait de ne pas utiliser d'animaux sauvages protégés. Mais j'ai un vrai problème avec l'IA et ses dérivés donc je ne pense pas que ce soit une solution. »
Vers une interdiction législative
L'association PAZ avait par ailleurs participé à la rédaction d'une proposition de loi déposée à l'Assemblée nationale en juin 2026. Elle vise à interdire l'utilisation d'animaux non-domestiques dans toute œuvre artistique. La loi du 30 novembre 2021 prévoit l'interdiction progressive des animaux sauvages dans les cirques itinérants et certains spectacles, mais elle ne concerne pas les tournages de films ou de séries.



