Alcool aux mineurs : 79 % des établissements fautifs à Montpellier
Alcool aux mineurs : 79 % des établissements fautifs

Selon une campagne d'achats-tests menée par l'association Addictions France à Montpellier, 79 % des établissements contrôlés ont vendu de l'alcool à des mineurs. Sur les 33 bars, cafés, épiceries et surfaces de distribution testés durant l'été, 26 ont accepté de servir des clients mystères mineurs, en violation de la loi. Les lycéens interrogés ce mardi 29 septembre confirment la facilité d'accès à l'alcool dans la ville.

Des achats-tests révélateurs dans 33 établissements

L'association Addictions France a réalisé ses tests pendant l'été à Montpellier pour évaluer le respect de l'interdiction de vente d'alcool aux mineurs. Les résultats montrent que la majorité des commerces ne respectent pas la réglementation : 26 des 33 établissements testés ont vendu de l'alcool à des clients mineurs, soit un taux de vente illégale de 79 %. Seuls 7 établissements ont refusé la vente, démontrant une application très partielle de la loi.

Du côté des jeunes, l'aveu est sans détour. Ugo, lycéen, raconte : « C'est un défi entre potes. On va acheter des bières dans un commerce et on voit si ça passe souvent. On ne s'est pas fait prendre depuis le début. » La dernière fois qu'il a acheté de l'alcool remonte à la semaine précédant l'interview, preuve que l'accès est régulier et facile.

Des témoignages de lycéens qui assument

Sur les marches du parc Clemenceau, Enzo, 17 ans, assume pleinement ses achats d'alcool malgré son âge. « J'ai beau n'avoir que 17 ans. J'aurai la même consommation dans six mois quand je serai majeur », estime-t-il. Il explique se procurer des bières dans les épiceries du quartier : « Peu importe l'heure, ils ne sont pas très regardants. Je n'ai jamais eu de problèmes. »

Son meilleur ami Nicolas, en revanche, s'est déjà fait recaler. « Je suis peut-être le seul du groupe. Mais je suis allé dans une grande surface de Clemenceau et je me suis fait contrôler à la caisse libre-service. C'est la faute à pas de chance mais c'est dû à mon visage », se souvient-il. Enzo enchaîne avec humour : « Il n'a pas de poils sur le visage en même temps. »

Des bars et terrasses complaisants dans le centre

Les lycéens fréquentent également les bars, environ « deux fois par mois ». Lisa, 17 ans, explique leur méthode : « On se fait passer le message. Par exemple, dans le centre, il y a deux places, Jean-Jaurès et du Marché aux fleurs, où on peut être servi en terrasse. On vient en groupe, on fait un peu plus vieille que notre âge, ça ne pose aucun problème. » Elle précise leur consommation : « On ne se met pas des "caisses", on boit juste un demi de bière ou une pinte de Monaco. »

Pour ces jeunes, l'interdit reste facile à contourner, mais leur consommation n'est pas en hausse. Selon l'OFDT (Observatoire français des drogues et des tendances addictives), un adolescent sur cinq n'a jamais bu d'alcool, contre un sur dix en 2000. Cette baisse tendancielle contraste avec la facilité d'accès constatée sur le terrain, ce qui interroge sur l'efficacité des contrôles et la responsabilité des établissements.

L'association Addictions France a publié ces résultats pour alerter les pouvoirs publics et les commerçants. Les achats-tests pourraient être renouvelés, et des sanctions sont possibles contre les établissements en infraction, qui risquent une amende et une suspension de licence. La préfecture de l'Hérault et la mairie de Montpellier sont désormais saisies de ces données pour renforcer les contrôles.