Occupation rom à Antibes : les commerçants à bout, une association demande un terrain
Occupation rom à Antibes : commerçants à bout, demande de terrain

Sur le parking privé de l'Espace Antibes, au nord de la ville, la présence de dizaines de familles roms s'éternise depuis des mois. Les commerçants, excédés par les problèmes sanitaires et l'insécurité, réclament une expulsion. Mais une association de défense des droits des Roms propose une alternative : l'attribution d'un terrain adapté, jugée plus pérenne et économique que le relogement à l'hôtel.

Des conditions sanitaires déplorables

Valérie, commerçante, montre du doigt les coulées malodorantes sur le bitume : « De nombreux Roms viennent se soulager là. C'est un grave problème sanitaire : on retrouve des excréments, de l'urine et des rats partout. » Elle insiste sur l'aspect indigne de la situation : « On ne peut pas laisser des gens vivre dans de telles conditions. » Son voisin Alexandre confirme : « Cela fait des mois qu'ils sont installés ici, sur notre copropriété privée. Ça a commencé par deux ou trois camions, et la dernière fois nous avons compté une quarantaine de véhicules. »

Les familles roms, pour la plupart originaires de l'Europe de l'Est, se sont installées progressivement après l'expulsion d'un terrain vague du secteur des Combes. Une partie d'entre elles a rejoint une communauté déjà établie, faisant grimper la tension. « Les portes des véhicules restent ouvertes et l'on voit des adultes à moitié nus en train de se laver ou de faire la sieste », déplore le groupe de commerçants, inquiets pour les enfants qui passent à proximité.

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Une médiation nécessaire pour éviter l'escalade

Viorel Costache, président de l'association Prales, tente de jouer les médiateurs. Il comprend l'exaspération des commerçants : « Je ne suis pas d'accord pour qu'ils restent là à gêner les gens. » Mais il met en garde contre une expulsion brutale : « Si personne n'intervient, ça va se terminer en bagarre. » Certains membres de l'Espace Antibes ont déjà saisi la préfecture pour demander une expulsion, mais la préfecture n'a pas encore répondu.

Les véhicules ventouses permettent aux Roms de stocker des affaires qu'ils revendent au vide-grenier de Biot. Une activité qui contribue à l'occupation durable des lieux, mais qui ne résout pas le problème de fond. « La situation est devenue intenable », lâche Véronique, une autre commerçante.

La solution d'un terrain adapté

Pour Viorel Costache, l'expulsion ne ferait que déplacer le problème. « La véritable solution passe par l'attribution d'un terrain », martèle-t-il. Il compare avec les dispositifs existants pour les gens du voyage français : « Actuellement, pour les projets d'intégration, l'État paie très cher des hôtels pour les familles, pour à peine deux ou trois mois de répit. Un terrain permettrait d'installer des caravanes, à l'image de ce qui se fait pour les gens du voyage français. »

Une proposition qui se heurte au scepticisme des commerçants. La Ville aurait proposé de racheter leurs parkings, mais ils ont refusé : « Nous finirions par payer pour le peu de places qu'il nous reste ! » En attendant, la copropriété redoute une escalade. L'association Prales compte interpeller le nouveau préfet pour obtenir un terrain adapté, mais aucune solution n'est en vue.

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