Journée agitée entre lycéens et forces de l'ordre à Nice
Nice : heurts entre lycéens et forces de l'ordre

Ce mercredi 30 septembre 2026, les manifestations de lycéens se sont poursuivies à Nice, marquées par une journée de face-à-face tendu entre une centaine d'élèves du lycée professionnel Magnan et les forces de l'ordre. Les affrontements ont éclaté dès 8 heures, rue de France et sur la promenade des Anglais, avec des jets de pierres et des tirs de grenades lacrymogènes, faisant deux policiers blessés et 13 interpellations au total.

Un blocus dès 7h30 au lycée Magnan

Les élèves du lycée professionnel Magnan avaient donné rendez-vous à 7h30 pour un blocus. Une dizaine de policiers attendaient déjà sur place. Les premières échauffourées ont éclaté à 8 heures, lorsque des lycéens ont lancé des mortiers d'artifice sur des agents assermentés stationnés en haut de la rue Auguste-Renoir, à l'entrée de l'établissement. Les agents ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes.

Un premier feu, composé de poubelles, de vélos électriques et de cartons, a été allumé sur le bitume par des élèves, certains vêtus de noir. Des batteries ont explosé. Les policiers ont chargé et repoussé les lycéens rue de France, effectuant quelques tirs de LBD (lanceur de balles de défense). S'en sont suivis des échanges d'œufs, de pierres et de grenades lacrymogènes entre la station Magnan et la station CUM, l'air étant régulièrement saturé de gaz lacrymogène.

Des témoignages de lycéens en colère

« Vous trouvez normal qu'ils gazent des mineurs ? On n'a rien fait, ils auraient dû nous laisser manifester tranquillement, tout se serait bien passé, on n'est pas des casseurs », a lancé une lycéenne. Une autre a ajouté : « Je vais les attaquer en justice, mon père est avocat. »

« On veut juste travailler dans de meilleures conditions. Les profs en ont marre, les élèves en ont marre », a argumenté une autre élève. « On peut même pas défendre nos droits, la police nous gaze de partout, mais j'espère qu'avec le mouvement national, on sera enfin entendus. » Une lycéenne a également dénoncé : « Il y a des journées où on a 5 heures de trou, alors que j'habite à une heure d'ici, c'est n'importe quoi. Et des fois, on oublie de payer nos stages, c'est inadmissible. »

Une intervention policière musclée

« Dernière sommation, nous allons faire usage de la force, quittez immédiatement les lieux », a prévenu un commissaire divisionnaire au mégaphone. « Vous tirez sur des gens qui ont entre 15 et 18 ans », a répondu un lycéen, également au mégaphone. L'affrontement s'est ensuite déplacé sur la promenade des Anglais, où les élèves ont jeté des vélos et des poubelles pour bloquer la route, mais ont été rapidement repoussés. Des galets récupérés sur la plage ont été lancés sur des véhicules de police, brisant des vitres.

Deux policiers ont été blessés et évacués. Un chauffeur de VTC, excédé par les embouteillages, a interpellé les policiers : « Frappez-les, qu'ils rentrent chez eux ces gamins au lieu de casser les couilles. » La BAC (brigade anticriminalité) est arrivée par surprise dans une voiture banalisée, interpellant trois jeunes à 11h30, ce qui a refroidi l'ambiance. À midi, tout le monde s'était dispersé.

Mobilisation également au lycée D'Estienne-d'Orves

Au lycée D'Estienne-d'Orves, une petite centaine de lycéens, moins nombreux que la veille, s'étaient réunis pour protester dans le calme. Après l'explosion de quelques pétards sous étroite surveillance policière, une partie des manifestants s'est déportée vers le lycée du Parc Impérial. La police, présente dès 7h30, a repoussé les manifestants pour dégager l'entrée du lycée, et ils se sont retrouvés près du square adjacent — où un arbre a été incendié — et le long de la piscine du Piol. Des collégiens ont rejoint le mouvement, obligeant les forces de l'ordre à adopter une défense plus passive. Le commissaire de police avait demandé qu'aucun LBD ne soit utilisé pour éviter les accidents.

Certains manifestants virulents ont fait usage de mortiers d'artifice par dizaines, et les forces de l'ordre ont répliqué par un tir de grenade lacrymogène en milieu de matinée, près de l'avenue de Pessicart. Un scooter a été incendié en face de la piscine du Piol. Dix interpellations ont eu lieu, dont une partie par la BAC. À la question de savoir si le mouvement continuera, deux lycéennes ont répondu : « On sera là demain et après-demain bien évidemment, jusqu'à ce qu'ils comprennent. »