Le blocus du lycée Jacques-Dolle à Antibes, organisé ce mercredi 30 septembre 2026 contre les emplois du temps surchargés et les conditions d'études, a dégénéré en affrontements urbains. Des feux de poubelles, des abribus détruits et des tirs de gaz lacrymogènes ont marqué la matinée. Sept personnes ont été interpellées et présentées à un juge pour enfants. Aucun blessé n'est à déplorer, selon le commissariat d'Antibes.
Un blocus qui dégénère dès 7 h 15
Dès 7 h 15, des groupes d'élèves se sont formés sur le parvis de l'établissement pour organiser le blocus, rejoignant un mouvement de contestation étendu à plusieurs centaines de lycées en France. La situation s'est rapidement envenimée, selon le commissaire antibois Jean-Robert Robin, qui évoque « un groupuscule très mobile ». Plusieurs adolescents indiquent que la consigne était de « venir habillé en noir et masqué ».
Des dizaines d'élèves ont quitté le lycée Dolle, emprunté au pas de course l'avenue Jules-Grec puis remonté les boulevards voisins pour revenir devant l'établissement. Ce manège a duré toute la matinée, jusqu'à midi. « Au début, les gens sont arrivés avec des pétards et des mortiers, puis du déodorant et des briquets », raconte un lycéen, visage dissimulé par un masque chirurgical noir. « Des policiers ont commencé par des petites gazeuses, puis ils ont tiré des lacrymogènes et des flashball. »
Des affrontements intenses et des dégradations
Les forces de l'ordre, avec tous les effectifs du commissariat d'Antibes et la police municipale mobilisés, ont cherché à disperser la foule. « Les gens se défendent comme ils peuvent. On ne lâchera pas l'affaire », enrage un élève de seconde. Des projectiles ont volé, des véhicules de CRS ont été caillassés, et de nombreux abribus et panneaux de signalisation ont été dégradés. Des incendies ont été allumés puis éteints par les sapeurs-pompiers.
Certains élèves ont désapprouvé ces méthodes. « Tout ça, soi-disant pour protester contre l'absence de clim en été, le manque de chauffage en hiver, les emplois du temps surchargés ou le manque de temps pour manger », sermonnent trois adolescentes. « Ce sont de vraies causes, mais ce n'est pas du tout la bonne façon de faire. Au lieu d'insulter, de brûler et de tout casser, il aurait fallu faire une vraie manifestation déclarée, avec des pancartes et des revendications claires. »
La médiation éducative sur le terrain
Delphine Forilliere, cheffe de service du dispositif de médiation éducative de l'association Montjoye, était présente pour apaiser et écouter les élèves. « Je vois une jeunesse en grande souffrance, on est là pour recueillir leur parole. Mais on ne cautionne absolument pas ces violences, ça perd tout son sens », regrette-t-elle. Mobilisée depuis lundi, elle ajoute : « Certains adolescents ne savent même pas pourquoi ils sont là. Tous ne viennent d'ailleurs pas du lycée Jacques-Dolle, certains ne sont même pas scolarisés. »
Au total, sept personnes ont été interpellées et déférées devant le parquet de Grasse. Elles ont été présentées au tribunal pour enfants, avec des réquisitions de placement sous contrôle judiciaire. Aucun blessé n'est à déplorer, ni côté élèves ni côté forces de l'ordre, selon le commissariat d'Antibes, une information confirmée par les sapeurs-pompiers. Seule l'une des entrées de l'établissement a été endommagée. « La situation n'est pas catastrophique », rassure un membre des forces de l'ordre, qui répond aux accusations de charge policière : « Dans tous les cas, ils n'avaient pas le droit d'être sur la voie publique. Ce n'est pas une manifestation autorisée. »
La mobilisation se poursuit
Les lycéens préviennent : « Demain [ce jeudi], on revient faire la même chose. Encore et encore tant qu'on ne sera pas entendus. » Les lycées Jacques-Audiberti et Vert d'Azur devraient rejoindre le mouvement. La CGT du centre hospitalier d'Antibes, dans un communiqué en vue de la grève nationale de ce jeudi 1er octobre, invite les agents en grève à se joindre aux élèves et à « être témoins ou acteurs du mouvement pour pouvoir, si besoin, servir de médiateurs et/ou prévenir d'éventuels débordements ». Le texte exprime son inquiétude : « Après toutes les images que nous avons pu voir sur les réseaux sociaux ces derniers jours, nous sommes inquiets pour la sécurité de nos enfants qui se mobilisent. » Ils seront présents dès 7 heures devant le lycée Jacques-Audiberti, en plein centre-ville d'Antibes.