Nîmes : une supérette pillée par des jeunes masqués, le témoignage choc
Nîmes : une supérette pillée par des jeunes masqués

À Nîmes, la supérette Carrefour Express de la place Montcalm, dans le quartier République, a été la cible de violences urbaines samedi 17 octobre. Des jeunes masqués, mineurs pour la plupart, ont pillé le commerce par vagues successives, détruisant du mobilier et semant l'émoi parmi les commerçants et les habitants.

Un assaut en vagues successives de 50 jeunes

Sam, employé de la supérette, témoigne de la scène : « J'étais seul en poste lorsque des jeunes masqués, mineurs pour la plupart, sont arrivés par vagues successives de 50. Ils sont rentrés à la fois pour piller, et voler des sandwiches, des biscuits et boissons – avant à nouveau de tout détériorer. Je suis écœuré ! » Le bilan est lourd pour ce commerce de proximité : un distributeur automatique de café, une machine à glace et un distributeur de jouets pour enfants ont été détruits, sans compter le rideau en fer qui a dû être réparé.

Dimanche matin, le commerce avait rouvert pour accueillir sa clientèle habituelle, mais la vitrine porte encore les stigmates de l'assaut. Sam, également père de famille, dénonce l'absence de responsabilité : « Ces casseurs, je vous l'assure, ils n'ont rien à voir avec la manifestation. Où sont leurs parents ? Comment peut-on laisser ses gosses en arriver à ça ? » Il raconte que les assaillants ont d'abord tenté de s'en prendre à un autre Carrefour, puis au tabac de la place, avant d'arriver jusqu'à sa boutique.

Des commerçants sous le choc

Une autre commerçante du quartier, souhaitant rester anonyme, se souvient de cette « attaque » surréaliste : « On pensait que la manifestation, très réussie à Nîmes, était finie. Des amis nous indiquaient que les manifestants commençaient à se disperser quand d'autres se dirigeaient vers le périphérique… Et là, un afflux massif et très soudain de racailles masquées a véritablement pris d'assaut la supérette ! » Elle est encore choquée par la violence de la scène.

Sur le boulevard Victor-Hugo, où plus de 3 000 manifestants avaient défilé pacifiquement plus tôt dans la journée, le restaurant O'Tacos a vu sa vitre fracturée. Une employée, présente dimanche matin, raconte : « C'était vraiment gratuit. De la casse, de la violence, sans but… Le pire de tout, c'est que s'ils avaient voulu rentrer, ils auraient pu, tout à fait normalement, puisqu'à ce moment-là notre porte était grande ouverte ! » Elle s'inquiète des suites de ces violences, d'autant que les images circulent en boucle sur les réseaux sociaux.

Le maire de Nîmes promet son soutien

Le maire de Nîmes, Vincent Bouget, a réagi ce dimanche matin après avoir fait le tour des commerces impactés : « Il y a un effet surprise, on ne s'attendait pas à des dégradations si importantes. Je veux affirmer notre soutien sans faille aux commerçants. Puis dresser avec eux un premier état des lieux des dommages, et voir comment la municipalité va pouvoir les aider pour la suite. »

Ces violences urbaines ont prolongé une manifestation pacifique qui s'était déroulée dans l'après-midi en centre-ville de Nîmes. Des affrontements ont également eu lieu entre 200 casseurs et les forces de l'ordre près de l'accès Nîmes-Ouest de l'autoroute A9. Les commerçants, eux, restent marqués par cette séquence, comme cette employée de la trattoria voisine : « Des jeunes galvanisés certainement par l'effet de groupe sont rentrés sans préavis. Pour voler sans un mot le pot à pourboires à destination du personnel sur le comptoir, avant de repartir ! Quand on a un sentiment d'impunité pareil, que l'on s'attaque y compris aux travailleurs, comment voulez-vous que la société soit en ordre de marche ? »