Dans un entretien accordé à BibliObs, l'écrivain franco-américain Jonathan Littell déclare : « Comprendre le monde, c'est comprendre comment fonctionnent les bureaucraties ». Cette réflexion accompagne la parution de son nouveau roman, L'Héritage, vingt ans après avoir obtenu le prix Goncourt pour Les Bienveillantes.
Un roman sur la vie d'un bureaucrate en régime totalitaire
L'Héritage est décrit comme un portrait d'un salaud qui semble avoir été imaginé par Kafka lui-même. Il s'agit du roman le plus ambitieux de Jonathan Littell depuis Les Bienveillantes, dont certains personnages sont, en manière de clin d'œil, transplantés dans ce nouveau récit. Le livre explore la vie d'un bureaucrate au sein d'un régime totalitaire, un thème qui hante l'écrivain depuis ses débuts.
L'écrivain, âgé de 38 ans lors de la parution des Bienveillantes en 2006, avait fait une entrée fracassante dans le paysage littéraire. Son roman, qui raconte la vie d'un SS pendant la Seconde Guerre mondiale, avait connu un succès sans précédent et provoqué des débats passionnés.
Une voie singulière loin du milieu germanopratin
Depuis lors, Jonathan Littell a suivi une trajectoire singulière. Publiant des reportages de guerre et des textes de fiction, il vit à Barcelone depuis vingt ans, loin du milieu germanopratin. Cette distance géographique et littéraire lui a permis de développer une œuvre unique, entre engagement sur le terrain et exploration des zones d'ombre de l'histoire.
Dans L'Héritage, l'auteur poursuit son exploration des mécanismes du pouvoir et de la violence, s'interrogeant sur la fascination que les bureaucraties exercent sur lui. Pourquoi tous ces salauds le hantent-ils ? C'est la question qui traverse cet entretien, où l'écrivain revient sur les ressorts de son œuvre.
Un regard sur les mécanismes du pouvoir
L'entretien, mené par Didier Jacob, a été publié le 18 octobre 2026 à 17h00 et mis à jour à 17h18. Il s'inscrit dans le cadre de la sortie de L'Héritage, qui paraît chez Gallimard. La photographie de l'écrivain, prise le 2 octobre à Paris, est signée Benjamin Loyseau pour Gallimard.
Ce nouveau roman confirme la place singulière de Jonathan Littell dans le paysage littéraire contemporain, lui qui a su allier une réflexion profonde sur l'histoire et une écriture romanesque exigeante. L'Héritage s'annonce comme une œuvre majeure, interrogeant la nature du mal et la banalité des mécanismes administratifs qui peuvent mener aux pires atrocités.