Montpellier : un restaurateur témoigne après la destruction de sa terrasse
Montpellier : un restaurateur témoigne après la destruction de sa terrasse

Le gérant de l'enseigne Häagen-Dazs à Montpellier, installé depuis 28 ans dans le passage du Triangle, a vu sa terrasse partir en fumée lors des violences urbaines du 17 octobre. Son fils, pris dans les affrontements, a dû monter sur un toit pour se protéger des gaz lacrymogènes avant de se réfugier derrière un cordon de CRS.

Une violence inédite en 28 ans de commerce

Le restaurateur, qui témoigne au lendemain de cette « journée noire », affirme n'avoir « jamais connu une telle intensité de violence » en près de trois décennies de présence dans le quartier. Il décrit une scène chaotique : des meneurs, mais aussi des « très jeunes qui rigolent, qui dansent, qui prennent des vidéos », semblant ignorer qu'ils cautionnent les débordements par leur présence.

Au plus fort des affrontements, le patron a tenté de rejoindre son fils depuis la rue de la Loge. « Face aux tirs de mortiers et au gaz, j'ai dû me mettre à l'abri dans une réserve que nous avons rue Baudin », raconte-t-il. Son fils l'y a rejoint après s'être extirpé de la zone de danger. Quand le calme est revenu, ils ont constaté que la terrasse avait brûlé.

Un commerce attaqué, des salariés réfugiés

Le point de vente du passage du Triangle a été directement pris pour cible. Le mobilier extérieur a été détruit par les flammes, tandis que les salariés sont restés un temps cachés derrière la grille de sécurité. Le gérant exprime sa colère et son émotion : « On a tous eu très peur. »

Cet incident s'inscrit dans un contexte plus large de violences qui ont secoué Montpellier le 17 octobre, avec des pillages, des incendies et des tirs de mortiers d'artifice. La préfète de l'Hérault a appelé à « tirer des leçons de ce 17 octobre », tandis que le président de la Chambre de commerce et d'industrie, André Deljarry, évoque « des millions d'euros de dégâts et un traumatisme pour la ville ».

Le Foot Locker de la Comédie a également été victime de pillages massifs, avec plus de 8 000 produits dérobés et des semaines de fermeture à prévoir. Un autre commerçant de la Grand rue Jean-Moulin, dont le commerce familial a été pris pour cible, a fini aux urgences, comparant cette épreuve à « un viol ». Les autorités locales promettent une enquête approfondie pour identifier les responsables de ces débordements.