Nice : le responsable de Micromania refuse le statut de héros
Nice : Micromania, le responsable refuse le statut de héros

Pierre Collin, responsable du magasin Micromania sur l'avenue Jean-Médecin à Nice, a été blessé et filmé pendant les violences du samedi 17 octobre. Devenu malgré lui un symbole sur les réseaux sociaux, il refuse ce statut et demande que la solidarité profite à tous les commerçants touchés.

Un refus catégorique du statut de héros

« Je ne veux pas être la figure de proue d'un mouvement sur lequel je n'ai rien mérité. Je n'ai rien fait de spécial, j'étais juste là », confie Pierre Collin. Malgré les images virales le montrant face aux casseurs, il rejette l'image d'homme providentiel. Blessé lors des affrontements après des jets de pierres et des coups, il relativise : « On ne va pas se plaindre pour ça, j'ai juste une entorse. Il y a des gens qui sont plus gravement blessés. »

Un traumatisme centré sur les victimes innocentes

Pour le responsable de Micromania, le choc principal de cette journée ne vient pas de sa propre agression, mais de la violence subie par les passants et les familles. « Si on devait citer des éléments traumatiques sur la journée, ce sont ces enfants qui se sont retrouvés au milieu des casseurs et des forces de l'ordre, entourés de gaz lacrymogène, qu'on a dû faire rentrer dans la boutique pour les mettre à l'abri », raconte-t-il. Il évoque aussi le calvaire d'« une cliente prise d'une crise de panique au sein même du magasin » et « le désarroi de touristes se retrouvant entre deux feux ».

Une solidarité qu'il veut partager avec tous les commerçants

Les images ont suscité un élan d'affection inédit « avec des dons de nourriture, de petits cadeaux et des témoignages quotidiens de sympathie ». Mais cette attention exclusive fait réagir Pierre Collin : « J'ai un peu l'impression de voler l'élan de solidarité aux autres commerçants, certains plus durement touchés que moi. J'aimerais beaucoup que ça leur revienne aussi. »

Face à l'ouverture de deux cagnottes non officielles lancées à son nom sur la plateforme Leetchi sans son accord, le responsable a demandé leur fermeture. « Je ne suis pas en contact avec les gens qui l'ont faite », précise le commerçant. Il invite la population « à privilégier la cagnotte officielle lancée par la Fédération du commerce niçois et de l'artisanat pour l'ensemble des enseignes impactées ».

Un appel à l'unité et une question pour l'avenir

Sans date de réouverture, l'objectif reste de « retourner au boulot, réparer, ranger, remettre en ordre et de nouveau accueillir les gens », résume Pierre Collin. Interrogé sur son état d'esprit lors du futur procès où il sera confronté aux auteurs de ces violences et de ces pillages, le commerçant ne voit qu'une seule question à poser à ces jeunes : « Est-ce que ça valait vraiment le coup ? »