Au lendemain des violences et des pillages survenus en marge des manifestations du samedi 17 octobre à Nice, la réponse pénale s’organise. Selon le dernier bilan communiqué ce dimanche 18 octobre en soirée par le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, 83 personnes, dont 38 mineurs, ont été interpellées puis placées en garde à vue à l’issue des événements. À 19 h 30, sept majeurs avaient été déférés pour des faits commis samedi. Pour chacun, le parquet avait requis un placement en détention provisoire.
Sept majeurs déférés, plusieurs incarcérations
Parmi les sept majeurs déférés, un homme né en 1988 est poursuivi pour dégradation par un moyen dangereux pour les personnes. Trois autres personnes, nées en 2007 ou 2008, ont également été incarcérées provisoirement. Elles sont notamment poursuivies pour participation à un attroupement ou à un groupement en vue de violences ou de dégradations, dissimulation du visage, vol aggravé ou recel de vol aggravé.
Pour trois autres majeurs déférés, les débats devant le juge des libertés et de la détention n’avaient pas encore eu lieu au moment du bilan. Deux hommes, nés en 2007 et 2003, poursuivis pour des faits antérieurs à la manifestation, notamment des menaces de mort visant des dépositaires de l’autorité publique et de provocation publique à la commission de crimes ou délits, ont été placés sous contrôle judiciaire, contrairement aux réquisitions du parquet. Ils doivent comparaître ce lundi à 13 h 30 devant le tribunal correctionnel.
Des poursuites également engagées pour les mineurs
La réponse judiciaire concerne aussi les personnes mineures, près de la moitié des personnes interpellées. Cinq mineurs ont été déférés devant le juge des enfants, avec des réquisitions de placement sous mesure éducative. Selon le parquet, ils sont inconnus de la justice et ne peuvent juridiquement faire l’objet d’un placement en détention provisoire. Cinq autres procédures ont été transférées au parquet de Grasse, compétent en raison du domicile de ces personnes.
En parallèle, 40 gardes à vue ont été prolongées, notamment en vue de défèrements prévus ce lundi. Une dizaine de majeurs supplémentaires devaient être présentés en comparution immédiate, tandis que de nombreux mineurs devaient comparaître devant un juge des enfants.
15 nouvelles interpellations et classements sans suite
Le parquet a également indiqué que 15 procédures ont été classées sans suite, faute d’éléments suffisants pour caractériser les faits reprochés. Ce dimanche 18 octobre, les investigations se sont poursuivies. Dans l’après-midi, les services de police ont procédé à 15 nouvelles interpellations, suivies de placements en garde à vue pour des faits de recel de vol aggravé, de violences aggravées et de participation à un attroupement. D’autres enquêtes doivent permettre d’identifier les auteurs de délits, notamment à partir des images de vidéoprotection.