Delafosse : « La violence n’a pas sa place dans une démocratie »
Delafosse condamne les violences et pillages à Montpellier

Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole, a exprimé sa « colère très profonde » après les violences urbaines et les pillages qui ont émaillé la manifestation du samedi 17 octobre. Dans un entretien accordé à Midi Libre depuis Montréal, où il accompagne huit start-ups montpelliéraines, l’élu a condamné avec « la plus grande fermeté » les actes commis contre les commerces et les forces de l’ordre, alors que la mobilisation a rassemblé 35 000 personnes dans les rues de la ville.

Une mobilisation exceptionnelle gâchée par les casseurs

Le maire a d’abord tenu à saluer l’ampleur de la mobilisation, qu’il qualifie d’« exceptionnelle ». Selon lui, elle traduit « le désarroi » d’une partie de la population, notamment la jeunesse, confrontée à la dégradation du pouvoir d’achat et à l’effondrement du niveau scolaire, comme en témoigne l’enquête Pisa. Il a également évoqué le projet de budget du gouvernement, qu’il juge « très dur pour les retraités » et qui « ne demande aucun effort aux gens les plus aisés ».

Mais cette journée a été entachée par des violences inacceptables. « La violence n’a pas sa place dans une démocratie », a martelé l’édile, appelant à ce que les auteurs soient « poursuivis comme il se doit par l’autorité judiciaire ». Il a dénoncé des actes « très graves » commis contre les commerçants, dont les boutiques ont été pillées, notamment le magasin Foot Locker place de la Comédie.

Une cellule de crise pour soutenir les commerçants

Face à l’ampleur des dégâts, Michaël Delafosse a annoncé la réunion, dès lundi, d’une cellule de crise avec le président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) et les associations de commerçants. L’objectif : « trouver toutes les solutions pour soutenir les commerçants touchés » et travailler sur les dispositifs de sécurisation. Le maire a également décidé de repositionner la police municipale devant les commerces afin d’éviter de nouveaux pillages.

Le centre-ville s’est « réveillé meurtri », a-t-il déploré, tout en exprimant son soutien aux commerçants dont les activités sont menacées. « Ces actes de violence menacent des emplois, le travail des gens », a-t-il insisté.

Soutien aux policiers blessés et solidarité avec les autres villes

Le maire a également témoigné son soutien aux 60 policiers blessés lors de ces affrontements, affirmant qu’ils ont été « délibérément pris pour cible » par des éléments « extrêmement minoritaires ». Tout en rappelant sa sévérité sur la doctrine du maintien de l’ordre lors des mouvements lycéens, il a jugé « inacceptable » que des forces de l’ordre soient prises pour cible.

Sa solidarité s’étend également aux autres villes touchées par les violences, comme Limoges, dont la mairie a brûlé, Lyon, dont l’office du tourisme a été incendié, ou encore Marseille. « Des lieux de l’hospitalité, des lieux de la maison commune ont été délibérément visés », a-t-il dénoncé.

Un tournant politique et social

Pour Michaël Delafosse, cette journée marque « très clairement l’échec de la présidence Macron », qui a « fait miroiter le ruissellement ». Selon lui, les inégalités ont augmenté, le système éducatif a été « laissé à l’abandon », et le gouvernement est responsable du « déficit public sans précédent ». Il appelle à un « autre budget » et à une « responsabilité gouvernementale » face aux décisions budgétaires jugées « violentes pour le monde associatif et les retraités ».

Enfin, le maire a mis en garde contre les conséquences politiques de ces violences, affirmant que ceux qui s’y livrent « font le jeu de l’extrême droite ». Il a conclu en réaffirmant que les auteurs de saccages, de pillages et de violences « doivent répondre de leurs actes devant la justice ».