Procès à Nîmes : Maggy tuée de 32 coups de couteau, la partie civile dénonce un crime de possession
Maggy tuée de 32 coups de couteau : plaidoyer pour un crime de possession

Ce mardi 16 juin, la cour d'assises du Gard a entendu les proches de Maggy, tuée de 32 coups de couteau le 25 juillet 2022 à Cavaillon. Pour les avocats de la partie civile, ce crime est avant tout un crime de possession, avec une préméditation évidente.

Une relation passionnelle devenue toxique

Les témoignages des collègues, de la mère et du fils de la victime ont dressé le portrait d'une femme "courageuse" et "rigolote". Des photos de Maggy souriante ont été projetées, contrastant avec celles de la scène de crime. Son fils, la voix brisée par les sanglots, a raconté comment la relation avec l'accusé s'est détériorée : "Il rentrait de plus en plus tard et de plus en plus alcoolisé". Il a évoqué une "jalousie maladive" que sa mère ne supportait plus. "Elle se sentait épiée, surveillée", a-t-il ajouté.

Harcèlement et surveillance

Des notes retrouvées sur le téléphone de l'accusé montraient qu'il consignait des "preuves" d'infidélité. Plusieurs messages lus à l'audience par l'avocat général ont mis en lumière un comportement assimilé à du harcèlement. L'accusé a reconnu : "J'étais parano", assurant avoir travaillé sur ce problème en détention.

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La version de l'accusé : amnésie et regrets

Pierre Quistrebert maintient avoir sorti le couteau pour intimider sa compagne, évoquant un "coup de folie" et un "black-out" dû à l'alcool. Interrogé sur son acharnement, il n'a pas su expliquer pourquoi il n'avait pas cessé. Il a exprimé ses regrets : "Ce que j'ai commis est horrible, c'est un acte barbare. Je m'en voudrais toute ma vie." Plusieurs proches ont alors quitté la salle.

Concernant la soirée précédente, où il aurait insulté et menacé sa compagne selon des voisins, il affirme ne pas se souvenir. À la question "Pourquoi ne pas l'avoir tuée ce soir-là ?", il a concédé : "Je ne sais pas, j'aurais pu."

Des contradictions relevées par la cour

La cour a noté des incohérences, notamment sur son intention de se suicider. Un message retrouvé disait : "Désolé à ma famille et mes amis. Elle mérite. Fouad dit tout". L'accusé a interprété : "Elle mérite que je m'en aille." Il maintient que l'arme se trouvait déjà dans la voiture, ajoutant : "Si j'avais voulu la tuer, j'aurais pris un fusil et je l'aurais attendue chez elle."

La plaidoirie de la partie civile

Me Fabien Arakelian a plaidé un "crime de possession", rappelant que Maggy était la 61e victime de féminicide en 2022. Il a souligné que les investigations avaient révélé que l'accusé était le seul infidèle, avec des échanges sur des sites de rencontres. "Et quand bien même elle l'aurait été, cela ne justifiait pas 32 coups de couteau", a-t-il insisté.

Son confrère, Me Marc Geiger, a rappelé la douleur des proches, venus chercher des réponses. "Ils en ont obtenu, mais elles sont loin de les apaiser." Il a conclu : "Par votre verdict, vous estimerez la valeur que vous accordez à Maggy, car lui, il ne lui en a donné aucune." La décision est attendue ce mercredi en fin de journée.

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