L'ancien membre de l'équipage de la frégate russe a comparu à nouveau ce lundi 4 mai devant le tribunal de La Rochelle. Il lui est reproché d'avoir injurié le responsable du port sur les réseaux sociaux. Celui qui se faisait passer pour l'officier de liaison de la réplique de cette frégate du XVIIIe siècle battant pavillon russe avait été jugé par défaut le 5 janvier par le tribunal de La Rochelle. Apprenant sa condamnation, le bénévole a depuis fait opposition à son jugement.
Il a été rejugé ce lundi 4 mai pour avoir, à de multiples reprises, outragé le maître principal du port de La Rochelle, Patrice Bernier. Le prévenu était jusqu'alors inconnu de la justice. Il a déménagé à de nombreuses reprises ces derniers mois, ce qui explique selon lui qu'il n'ait pas reçu sa convocation pour l'audience du 5 janvier.
Des relations qui se sont détériorées avec la guerre en Ukraine
« Tout se passait bien jusqu'en 2022 », explique Patrice Bernier. Et puis la guerre en Ukraine a éclaté. Le prévenu s'est mobilisé pour la cause ukrainienne. « Les relations se sont alors détériorées au sein de l'équipage. Il avait une haine qui s'est étendue jusqu'au maire de La Rochelle (Jean-François Fountaine, NDLR), le préfet de la Charente-Maritime et tous ceux qui étaient en lien avec le bateau qui battait pavillon russe », poursuit le maître principal du port. Patrice Bernier n'échappe pas à cette vindicte. Il est outragé sur les réseaux sociaux par le sexagénaire : « Petit nabot, nain de jardin. » Son épouse Florence n'échappe pas non plus à cette colère.
Un stage de citoyenneté plutôt que de la prison
À la barre, le prévenu ne nie pas forcément les faits. Il préfère s'épancher sur le contexte dans lequel ils ont été commis : « J'ai eu un coup de sang. J'ai été approché par les services de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et des renseignements territoriaux. Ils m'ont demandé plein de renseignements sur l'équipage. Ils m'ont dit : "continuez à aller sur le navire". Aujourd'hui, je passe pour un agent du FSB (Service fédéral de sécurité de la fédération de Russie, NDLR). Je vais me faire buter en Ukraine. »
« Que le contexte soit compliqué, ce n'est pas le problème. La messe est dite », estime le ministère public. Ce dernier demande que le prévenu soit condamné à trois mois de prison avec sursis, comme en janvier. Le tribunal de La Rochelle l'a finalement condamné à effectuer à ses frais un stage de citoyenneté.



