Des dizaines de chats non pucés vivent dans et autour d'un pavillon à Mouans-Sartoux, près de Cannes. La locataire, qui les nourrit, affirme qu'ils n'appartiennent à personne, mais des associations de défense animale et des riverains évoquent un possible élevage illégal. Les interventions de stérilisation restent partielles et la municipalité reconnaît avoir été informée sans résoudre le problème.
Une situation qui perdure depuis des mois
Depuis plusieurs mois, une habitante de Mouans-Sartoux, locataire d'un pavillon, nourrit quotidiennement des chats errants, non pucés et non stérilisés. Selon des associations de défense animale et des riverains, ils seraient entre 30 et 50, petits et adultes compris, vivant dans et autour de la propriété. Sur place, des gamelles parfois vides, parfois remplies de croquettes, et des coupes d'eau à l'extérieur. Les chats, plutôt peureux, se laissent approcher lorsque leur mère est présente, se roulant par terre et ronronnant.
L'occupante, qui se dit dépassée par la situation, reconnaît que les chats devraient être stérilisés, mais affirme ne pas avoir les moyens de financer cette démarche. Elle précise qu'il s'agissait au départ de chats du voisinage, qui se sont sédentarisés sur place et se sont reproduits. Les associations, elles, soupçonnent un élevage illégal de chatons, évoquant des femelles enfermées et des portées répétées.
Des interventions partielles et des témoignages contrastés
Julie Paignon, présidente de l'association cannettane Les Minis et Compagnie, raconte avoir tenté de récupérer des chats pour les stériliser puis les réimplanter. « Nous avons essayé d'en récupérer pour les faire stériliser puis les réimplanter sur place, il y a quelques semaines. Mais si elle a accepté au départ, elle a finalement refusé, quand nous avons posé des cages pour les attraper. Il y a encore au moins trois chattes gestantes, d'après elle. Peut-être davantage. Ça ne peut plus durer. Ces chats semblent amaigris pour certains, voire malades. On ne voit pas souvent les femelles et de nombreux chatons disparaissent très régulièrement. On ne sait pas trop ce qu'ils font avec. »
Entre mi-juillet et début août, l'association L'École du Chat Riviera est intervenue pour stériliser 11 chats (9 mâles et 2 femelles), mais a dû stopper sa mission faute de convention avec la commune et après que la locataire a cessé de répondre. Sur place, l'association affirme avoir découvert 30 chatons et 20 chats adultes. « La dame a choisi 16 chatons qu'elle nous a donnés et que nous sommes parvenus à placer, raconte la présidente de la structure. Quand nous sommes partis, il restait 8 femelles adultes et 2 mâles, dont un qu'elle enferme, mais aussi 14 chatons, qui sont aujourd'hui devenus des juniors, et 4 portées, nées début août. »
La municipalité et la gendarmerie saisies
Le maire de Mouans-Sartoux, Pierre Aschieri, reconnaît avoir été informé de la situation, mais évoque « une histoire ancienne, d'il y a plusieurs semaines ». Il indique que le référent salubrité de la gendarmerie et de la police municipale s'est déplacé sur site, et que « les chats malades ont été soignés, stérilisés et certains ont été placés ». Un témoignage en contradiction avec les observations des associations et des riverains sur place. Sollicité à nouveau, le maire affirme avoir informé sa police municipale et la gendarmerie de la situation qui perdurerait, et qu'une nouvelle intervention était prévue pour capturer les chats adultes, les stériliser, les pucer, puis les redéposer. Il précise néanmoins que le référent animal de la gendarmerie n'a constaté aucun problème de santé chez les animaux lors de son déplacement.
La gendarmerie de Mouans-Sartoux, saisie après une intervention de la police municipale en juillet, n'avait pas répondu à nos sollicitations ce vendredi 11 septembre. Une enquête serait en cours.
Des riverains excédés et une demande d'application de la loi
Julie Paignon, désabusée, résume la situation : « On demande simplement que la loi soit appliquée. Elle oblige de pucer des animaux domestiques. On ne veut que les soigner, les stériliser, les pucer et les relâcher sur place. Peu importe qui s'en charge. Nous ne pensons qu'au bien-être des chats. »
Une voisine, dont le terrain jouxte la propriété, se plaint des déjections des chats dans son jardin, malgré un émetteur d'ultrasons. Une autre riveraine, plus inquiète, dénonce une situation qui s'aggrave : « Elle laisse les mâles dehors et enferme les femelles, à qui elle fait faire portée sur portée. J'aime les animaux et j'ai moi aussi des chats, mais ils sont pucés et stérilisés. Quand une association - Les Chats de Riviera - a voulu intervenir pour les stériliser, cette dame ne les a pas laissés faire. Elle dit qu'elle veut laisser faire la nature… J'en ai marre. Beaucoup des chatons meurent car certains chats vivent dehors et sont un peu sauvages. Ce qui ramène beaucoup de nuisibles. Et, en cas de vraie saisie, beaucoup seront euthanasiés… On est dans l'impasse. »



