Barbara Butch : une nouvelle chasse aux sorcières numérique
Barbara Butch : une nouvelle chasse aux sorcières

La DJ et militante Barbara Butch, figure emblématique de la lutte contre les discriminations, est au cœur d'une violente campagne de cyberharcèlement après sa prestation lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024. Selon son avocate, Me Rachel-Flore Pardo, une plainte a été déposée pour « menaces de mort, injures publiques et incitation à la haine ».

Un tableau vivant polémique

Le 26 juillet, lors de la cérémonie d'ouverture, Barbara Butch a participé à un tableau intitulé « Festivité », mettant en scène une diversité de corps et d'identités. Ce moment, salué par certains comme un symbole d'inclusion, a déclenché une vague de réactions haineuses sur les réseaux sociaux. En quelques heures, des milliers de messages insultants et menaçants ont ciblé l'artiste.

Une plainte pour cyberharcèlement

Face à cette escalade, Barbara Butch a décidé de porter plainte. Son avocate a confirmé que la procédure vise à identifier les auteurs des menaces et à les poursuivre pénalement. « Il est intolérable que des personnes subissent de telles attaques pour leur simple existence », a déclaré Me Pardo. La plainte s'appuie sur la loi du 13 novembre 2014 renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme, et sur l'article 222-33-2-2 du code pénal concernant le harcèlement moral.

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Un phénomène récurrent

Cette affaire rappelle d'autres cas de cyberharcèlement visant des personnalités publiques, en particulier des femmes et des personnes LGBTQIA+. Selon une étude de la Fondation des Femmes, 73% des femmes ayant une visibilité médiatique ont déjà été victimes de cyberviolences. « C'est une nouvelle forme de chasse aux sorcières », a commenté la sociologue Marie-Hélène Bourcier, spécialiste des questions de genre.

Le soutien de la communauté

Depuis l'annonce de la plainte, de nombreuses personnalités et associations ont exprimé leur soutien à Barbara Butch. La ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, a condamné « avec la plus grande fermeté ces attaques inacceptables ». Des collectifs féministes et LGBTQIA+ ont également appelé à manifester leur solidarité en ligne. Une pétition réclamant la fin du cyberharcèlement a recueilli plus de 50 000 signatures en 24 heures.

Vers une prise de conscience ?

Cette affaire met en lumière l'urgence de renforcer la législation contre les violences numériques. Pour Me Pardo, « il est essentiel que la justice agisse rapidement pour dissuader ces comportements ». Barbara Butch, de son côté, a déclaré sur Instagram : « Je ne me tairai pas. La haine ne gagnera pas. »

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