Bardella accusé d'antisémitisme : les appels à la démission se multiplient
Bardella accusé d'antisémitisme : les appels à la démission se multiplient

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, fait face à une multiplication d'appels à la démission après les révélations de Mediapart sur des écrits antisémites qui lui sont attribués. Le protégé de Marine Le Pen nie en bloc et a annoncé porter plainte contre le média d'investigation. Ces accusations bouleversent la campagne du RN, qui tente depuis plusieurs années de redorer son image.

Des critiques unanimes à gauche

Olivier Faure, le patron du PS, a été particulièrement virulent lors du débat de la primaire de la gauche social-démocrate, sur France 2 et France Inter. « Il est totalement disqualifié. Si j'avais commis les mêmes écrits, à la seconde même, je partirais », a-t-il martelé. La condamnation de Jordan Bardella a d'ailleurs été l'un des rares sujets de rassemblement entre les cinq candidats à cette primaire.

Ségolène Royal s'est interrogée : « Comment cette imposture a pu durer aussi longtemps ? », accusant le président du RN de ne s'être « jamais démarqué des propos antisémites de Jean-Marie Le Pen ». Elle s'est dite favorable à ce que Jordan Bardella démissionne de son mandat de député européen.

Des appels à la démission et à la « rupture complète »

François Ruffin a comparé le leader du parti à la flamme à une déjection : « Je pense que Marine Le Pen doit maintenant tirer la chasse, que Jordan Bardella doit prendre sa retraite à 30 ans sur la Riviera. C'est la démission qui doit aller de soi quand il y a des écrits antisémites publiés de cette manière », a lancé le responsable de gauche. Il estime que les journalistes n'ont « pas à attendre le résultat d'une procédure judiciaire qui doit durer des années, quand il y a les preuves qui nous sont fournies ».

Pour Dominique de Villepin, qui laisse toujours planer le doute sur sa participation à la présidentielle, « la 'dédiabolisation' ne peut pas être une opération de communication. Elle exige une rupture complète, explicite et démontrée avec l'antisémitisme, le racisme et l'héritage de l'extrême droite française. Un parti ne s'affranchit pas de son histoire en changeant de nom ou de visage ».

Fabien Roussel, candidat communiste, a renchéri sur X : « Les enfants spirituels de Le Pen ne changeront jamais. Depuis le FN, fondé par des Waffen-SS, jusqu'au RN d'aujourd'hui, ils resteront les mêmes : antisémites, racistes, complotistes ».

Les réactions à droite et au centre

À droite et au centre, les candidats déclarés ont également pris position, avec des degrés de prudence variables. Depuis Annemasse où il tenait un meeting jeudi 1er octobre, Édouard Philippe a appuyé les conclusions du journal d'investigation. « Il est quasiment établi » que Jordan Bardella a tenu des propos « à caractère manifestement et scandaleusement antisémites », estime-t-il. « Il appartiendra à lui et à la formation politique dont il fait partie d'en tirer les conséquences », a ajouté le candidat Horizons, notant : « avec les extrêmes, lorsque vous chassez le naturel, il finit toujours par revenir au galop ».

Gabriel Attal a fait preuve de plus de retenue : « Ce sont des propos graves et choquants. […] Il faut que Mediapart produise des preuves », a lancé le candidat Renaissance. Même prudence pour Bruno Retailleau : « Je ne hurle jamais avec la meute. Si ces propos sont exacts, ils sont accablants, mais attendons pour en avoir plus ».

Alors que Jordan Bardella a annoncé porter plainte contre Mediapart, la pression politique reste forte. Les réactions de l'ensemble de la classe politique, de la gauche à la droite, soulignent l'ampleur de la controverse, qui pourrait avoir des conséquences durables sur la stratégie du Rassemblement national à l'approche des échéances électorales.