Santé mentale des collégiens : une journée de prévention à Bagnols-sur-Cèze
Santé mentale des collégiens : prévention à Bagnols

La santé mentale des adolescents a mobilisé enseignants et professionnels de santé à Bagnols-sur-Cèze. Près de 160 élèves du collège Bernard-Ventadour ont été sensibilisés, jeudi 7 mai, lors d’une journée dédiée aux liens entre alimentation, sport, émotions et bien-être.

Des professionnels mobilisés

À l’appel de la CPTS Vallis Bona, une dizaine de professionnels ont rencontré les élèves de 5e. Diététiciennes, psychologue, médecin, coordinateur de Maison sport santé, éducatrice, hypnothérapeute… tous étaient présents pour informer, orienter et prévenir. Le docteur David Juge, généraliste et président de la CPTS, a lancé ce projet il y a trois ans : « J’en avais marre de mettre des antidépresseurs à des gosses. On s’est donc retrouvés autour d’une table avec les collèges, la Maison des ados, le sport adapté… pour créer ce forum et un parcours pour ces adolescents en mal-être. »

L’alimentation au cœur des échanges

Les diététiciennes Nathalie Picat et Isabelle Hendrick ont interrogé les élèves sur leur petit-déjeuner. Peu de réponses positives : « Beaucoup d’élèves expliquent qu’ils n’ont pas le temps, ils préfèrent dormir plus longtemps. D’autres nous disent que comme ils se lèvent très tôt pour prendre le bus, ça les écœure de manger. On leur conseille alors de prendre une collation pour la matinée. L’idée, sans les culpabiliser, est de leur donner des outils simples. » Elles ont également abordé les troubles alimentaires, anorexie, boulimie, dysmorphophobie, et insisté sur les ressources disponibles.

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Un dispositif en place depuis trois ans

L’initiative est menée depuis trois ans au collège Bernard-Ventadour et au collège de Pont-Saint-Esprit. Elle vise à réaliser un travail de prévention auprès d’un grand nombre d’adolescents. Deux professeurs référents en santé mentale ont été formés pour repérer les enfants en mal-être et transmettre l’information à l’infirmière scolaire, au CPE ou à la psychologue. Une « salle zen » a également été mise en place à l’infirmerie.

Une augmentation des situations de mal-être

Les professionnels constatent une hausse des situations de mal-être chez les jeunes, liée à des facteurs plurifactoriels comme l’addiction aux écrans. Le docteur Juge souligne : « Malgré des situations de plus en plus complexes, une fois le dépistage réalisé, il n’y a pas de professionnels, de prises en charge. » Pascale Lubrano, médecin scolaire, déplore : « C’est assez décourageant. » Aline Michotte, infirmière scolaire, ajoute : « Il y a beaucoup d’attente en CMPP, c’est compliqué d’avoir des rendez-vous chez un pédopsychiatre. »

Des graines semées pour l’avenir

Malgré ces difficultés, le docteur Juge espère que cette journée aura permis de « planter des graines. Peut-être que ce que les élèves auront entendu aujourd’hui rejaillira, qu’ils en parleront à leurs parents et que cela aura un effet positif sur les petits frères ou sœurs. »

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