Le tourisme en Cœur d'Hérault a connu un mois de juillet difficile, marqué par une baisse significative de la fréquentation. Selon les données préliminaires, les nuitées ont chuté de 11 % par rapport à 2025, et le nombre d'excursionnistes a diminué de 7,3 % entre le 1er avril et le 30 juillet. Les canicules répétées et le risque incendie élevé ont dissuadé de nombreux visiteurs, malgré un regain d'affluence constaté depuis début août.
Une baisse spectaculaire à Mourèze
La cité dolomitique de Mourèze a particulièrement souffert. En juillet 2026, le parking n'a enregistré que 1 833 véhicules, contre 5 041 en juillet 2025, soit à peine plus d'un tiers de la fréquentation de l'année précédente. En juin, la baisse était moins marquée, avec une fréquentation atteignant seulement les trois quarts du score de 2025.
Patrick Jaurès, maire de Mourèze, analyse cette évolution comme une « véritable rupture estivale ». Il explique : « À partir du mois de mai, les périodes de fortes chaleurs et de canicule ont rendu les visites et les activités pédestres moins attractives, notamment durant les heures les plus chaudes de la journée. À cette situation s'est ajouté un risque d'incendie de forêt particulièrement élevé. »
Fermetures de massifs et impact sur les randonnées
Le risque incendie a conduit la préfecture à prendre des arrêtés interdisant l'accès aux massifs forestiers, réduisant directement les possibilités de fréquentation des sites naturels. Dans tout le Cœur d'Hérault, les massifs ont été fermés pendant dix journées consécutives, ce qui a fortement affecté les départs de randonnées.
Fabienne Barrère Ellul, directrice de l'OT Saint-Guilhem Vallée de l'Hérault, souligne : « Lodévois, Clermontais, Vallée de l'Hérault, nous avons tous cette problématique sur les départs de randonnées. Nous sommes tous logés à la même enseigne. »
Le Pont du Diable résiste mieux
En revanche, le Pont du Diable a montré une certaine résistance. Claude Carceller, président de l'OT intercommunal de Saint-Guilhem Vallée de l'Hérault, note : « Nous avons une légère baisse sur le parking mais il y a une rotation plus importante de véhicules. Les gens restent moins longtemps, probablement à cause de la chaleur, mais il y a un bon turnover. » Il ajoute que « les investissements que nous avons faits au niveau du Grand Site et toute la politique touristique que nous menons permettent de plutôt bien résister. »
Activités nautiques et restauration : des avis contrastés
Sur les rives du Salagou, Julien Roques, propriétaire du Relais Nautique d'Octon, confirme une baisse d'activité en juillet : « Nous avons eu une baisse d'activité sur la location, la vente de boissons l'après-midi et sur la fréquentation globale du site en général : parking, baignades, activités nautiques. » Cependant, côté restauration, il se veut rassurant : « Nous travaillons toujours bien, nous ne sommes pas une grosse structure, nous faisons le plein. »
Des réservations de dernière minute
Le comportement des clients a également évolué vers des réservations tardives. L'équipe de la maison d'hôtes Le Mimosa à Saint-Saturnin, gérée par le Domaine Virgile Joly, témoigne : « Globalement, une tendance, que l'on appelle le "last minute", semble s'imposer à nous. Les gens réservent d'une semaine à une heure avant. Nous avons quelques longs séjours mais pas de visibilité à long terme. Pour nous, l'été a commencé à se remplir courant juin. Ensuite cela a été beaucoup de last minute. »
Plusieurs facteurs expliquent cette saison difficile
Outre les canicules et le risque incendie, d'autres éléments ont pesé. Fabienne Barrère-Ellul cite notamment « la coupe du monde qui a fait que les gens sont plutôt restés devant leur télé ». Elle ajoute que cette dynamique « ne fait que conforter les tendances que nous avons depuis les 3 dernières années. Mais nous nous refaisons une santé sur la consommation : il y a moins de monde mais cela consomme bien, (sur les boutiques de l'OT) le panier est équivalent voire supérieur. »
Des perspectives plus positives pour août
Coordinatrice du pôle tourisme et activités de pleine nature en Clermontais, Océane Rigal reste prudente : « Nous n'avons pas les données chiffrées mais, effectivement, juillet a été assez calme. » Elle évoque l'impact climatique : « du 1er au 10 juillet, nous étions en alerte rouge incendie. »
Pour compenser, les acteurs locaux misent sur les animations estivales. « Ces rendez-vous rencontrent un joli succès. Nous proposons de nombreuses festivités, animations : Les Jeudis du terroir à Clermont, les Nocturnes sur lac le vendredi soir, les marchés bio à Villeneuvette, le château de Malmont qui fait son marché nocturne le mercredi soir. Tous les soirs on peut faire quelque chose et là, il y a du monde », positive Océane Rigal.
Enfin, le risque incendie a contraint Patrick Jaurès à annuler le Festival de Mourèze. Depuis 2024, seul le Mont Liausson était soumis aux arrêtés de fermeture en cas de risque incendie. Mais depuis cette année, tous les massifs des « Collines centre Hérault » subissent les mêmes contraintes, une réglementation qui a de fortes répercussions sur l'économie touristique du territoire.



