Guadeloupe : deux gendarmes du GIGN blessés par balles
Guadeloupe : deux gendarmes du GIGN blessés

Deux membres du GIGN, le groupe d'intervention de la gendarmerie, ont été grièvement blessés par balles samedi en Guadeloupe, lors d'une opération contre des braqueurs qui a mal tourné. L'un de ces gendarmes d'élite, tous deux membres de l'antenne de Pointe-à-Pitre, a été touché à un bras et l'autre à une jambe avec le fémur probablement cassé, dans la commune des Abymes (centre), théâtre régulier d'actes de délinquance, a précisé une source proche du dossier.

Une opération de police judiciaire qui tourne mal

Les faits se sont produits samedi vers 19 heures heure locale aux Abymes, selon la préfecture de Guadeloupe. Les gendarmes intervenaient « dans le cadre d'une opération de police judiciaire visant à l'interpellation de braqueurs », a ajouté la procureure de Pointe-à-Pitre, Caroline Calbo.

Lors de l'opération des forces de sécurité, dans une zone peu habitée des Abymes, la voiture des braqueurs a été immobilisée. « Les occupants ont ouvert le feu sur les forces de l'ordre, occasionnant deux blessés, rapidement pris en charge » au CHU local, a raconté dimanche le général Christophe Perret, commandant de la gendarmerie des îles de Guadeloupe.

Une enquête pour tentative de meurtre ouverte

Une enquête pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique a été ouverte, mais le pronostic vital des deux gendarmes blessés n'est pas engagé, a indiqué Caroline Calbo. « Nous ne lâcherons rien face à la criminalité organisée et à la violence des gangs », a prévenu dimanche sur le réseau social X le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui a d'abord annoncé les deux blessés.

Après ces tirs, des renforts ont été appelés, et un total de 100 gendarmes ainsi que dix policiers ont au final été déployés aux Abymes. Quatre personnes soupçonnées de commettre des vols à main armée ont été interpellées, a précisé le préfet de la Guadeloupe, Thierry Devimeux, dans un communiqué.

Une recrudescence des violences en Guadeloupe

Des tirs visant les forces de l'ordre, « cela ne se produit pas souvent, mais on ne peut que noter la recrudescence de ces actes », a relevé dimanche le général Christophe Perret, qui avait déjà alerté en mai sur une augmentation de 50 % des violences envers les forces de l'ordre depuis le début de l'année en Guadeloupe.

Le procureur général de Basse-Terre (sud de la Guadeloupe), Eric Maurel, a aussi fait état « de sa vive préoccupation face à l'aggravation et la répétition de ces comportements criminels ». « Au cours de ces dernières semaines, en Guadeloupe, gendarmes et policiers ont été victimes, dans trois circonstances différentes, de tirs avec des armes à feu. Deux gendarmes viennent d'être gravement blessés. Tous ces faits sont susceptibles de constituer des tentatives de meurtres sur personnes dépositaires de l'autorité publique, crimes punissables de la réclusion criminelle à perpétuité », a-t-il alerté dans un communiqué dimanche.

Une circulation massive d'armes dans les Antilles

Les autorités s'alarment d'une circulation massive d'armes sur fond de narcotrafic dans les Antilles françaises, devenues un point de transit privilégié entre l'Amérique du Sud, les États-Unis et l'Europe.