Ce mardi 6 octobre, à 14 heures, un rassemblement est prévu place Garibaldi à Nice, en direction de la gare Thiers. Il devrait réunir lycéens, étudiants, enseignants et parents, dans un contexte de tensions persistantes dans les lycées azuréens. Le Front populaire étudiant (FPE), organisation implantée à l'Université Côte d'Azur, est à l'origine de l'appel à manifester. L'Union syndicale lycéenne, la Jeunesse communiste 06 et les Jeunes insoumis de Nice se joignent également au mouvement. La CGT, le SNES-FSU, syndicat national majoritaire des enseignements de second degré, et plusieurs syndicats de l'Éducation nationale ont apporté leur soutien.
Un appel à la protection de la jeunesse
Un communiqué commun appelle notamment à ce que « toutes les violences cessent » et que « la jeunesse soit protégée ». La mobilisation pourrait dépasser le seul secteur de l'Éducation nationale, la CGT ayant appelé ses organisations et les salariés à rejoindre le rassemblement. Le Front populaire étudiant a indiqué avoir déclaré jusqu'à 1 000 participants en préfecture.
Du côté des étudiants, le mot d'ordre est à l'apaisement. Lors de la réunion en préfecture, les organisateurs ont échangé sur le parcours, la sécurité et les slogans, et disent s'être engagés à ce que le rassemblement se déroule sans débordement. Ils condamnent les violences et assurent vouloir éviter que d'éventuels « casseurs » ne viennent perturber le cortège. Les autorités leur ont également demandé d'éviter certains slogans, notamment « ACAB », considéré comme insultant envers les policiers.
Un service d'ordre assuré par des enseignants
La CGT et la FSU prévoient que des enseignants contribuent à l'encadrement de la manifestation. L'objectif est notamment de former des cordons autour des jeunes pour prévenir les confrontations avec les forces de l'ordre ou d'éventuels fauteurs de troubles. « On veut être une présence apaisante », explique Didier Giauffer, du SNES-FSU.
Les parents d'élèves entendent eux aussi apporter leur soutien. La FCPE 06 dit partager une partie des revendications portées par les jeunes, notamment sur les moyens, les conditions d'enseignement et la nécessité d'un dialogue avec les élèves. Elle condamne fermement les violences et les dégradations, mais estime que les fermetures d'établissements et le passage au distanciel ne répondent pas aux demandes exprimées. Elle insiste sur la nécessité de protéger les élèves et de permettre une expression lycéenne « dans un cadre démocratique, libre et serein ».
Des revendications multiples et un mouvement politique ?
Derrière la mobilisation, les lycéens réclament davantage de moyens, des classes moins chargées, plus d'enseignants et de meilleures conditions d'étude. Ils dénoncent également la sélection via Parcoursup et Mon Master. Les étudiants portent des revendications similaires : davantage de moyens et de personnels, de meilleures conditions d'études et des locaux adaptés. Les syndicats enseignants ajoutent les enseignants non remplacés, les emplois du temps surchargés, les difficultés dans les cantines et les températures trop élevées dans les salles.
Difficile de qualifier le rassemblement d'« apolitique ». Plusieurs organisations à l'origine de la mobilisation sont clairement identifiées politiquement, comme les Jeunes insoumis ou la Jeunesse communiste. Le Front populaire étudiant assume lui-même une dimension politique. Pour autant, cela ne signifie pas que les lycéens mobilisés se revendiquent tous d'un parti ou d'une organisation. « Les lycéens ne sont pas partisans, mais ce n'est pas apolitique, résume Tom, lycéen à Menton et responsable fédéral de l'Union syndicale lycéenne. Les revendications portent d'abord sur nos conditions d'études, sur les moyens accordés à l'Éducation nationale, Parcoursup ou encore l'orientation. »
Le mouvement dépasse d'ailleurs les seules organisations politiques : des enseignants, des parents et des personnels de l'Éducation nationale doivent également rejoindre le cortège. « Cette convergence donne au rassemblement une dimension à la fois sociale, syndicale et politique », ajoute Sacha, coprésident du Front Populaire Étudiant.
Lycées et campus fermés, distanciel sous tension
Sur le front des établissements, le rectorat a annoncé ce lundi que les 28 lycées fermés lundi le resteront encore ce mardi 6 octobre. Une réouverture progressive devrait débuter mercredi 7 octobre, toujours selon le rectorat. Les campus de l'Université Côte d'Azur, à Nice, Cannes, Menton et Sophia Antipolis, resteront eux aussi fermés mardi. Une décision contestée par les étudiants mobilisés, qui la jugent arbitraire et regrettent de ne pas avoir été consultés en amont. Le blocus du campus Carlone, qui était prévu ce mardi, est donc annulé.
Quant à l'enseignement à distance, il reste compliqué, entre problèmes de réseau, d'accès aux outils et « intrusions intempestives et inacceptables » dans certaines classes virtuelles. « Pronote peut permettre de transmettre des devoirs, mais les cours en visioconférence posent davantage de problèmes », souligne Didier Giauffer, secrétaire départemental du SNES-FSU, qui juge la mise en distanciel « du grand n'importe quoi ». Pour la FCPE, ces difficultés et les différences de mise en œuvre selon les établissements risquent d'accentuer les inégalités entre élèves.