Le rete ovarii, organe oublié, pourrait jouer un rôle clé dans la fertilité
Rete ovarii : un organe oublié clé pour la fertilité ?

Le rete ovarii, un petit organe féminin longtemps considéré comme inutile et retiré des manuels d’anatomie, pourrait en réalité jouer un rôle important dans le fonctionnement des ovaires et la reproduction féminine, selon une étude publiée dans la revue eLife et repérée par France Info. Les chercheurs y décrivent notamment la présence d’un liquide circulant vers l’ovaire, contenant des protéines susceptibles d’influencer la croissance des follicules ovariens.

Un organe méconnu à la base des ovaires

Le rete ovarii est une petite structure située à la base des ovaires, entourée de nerfs et de vaisseaux. Il se compose de trois parties : l’une dans l’ovaire, une autre à l’extérieur et une troisième qui fait le lien entre les deux. Cet organe existe chez d’autres espèces comme le chat, la vache, la souris ou le singe.

Pendant plus d’un siècle et demi, les scientifiques ont estimé que le rete ovarii était inactif, le reléguant au rang d’organe vestigial. La nouvelle étude publiée dans eLife tend toutefois à démontrer le contraire, en mettant en évidence une activité biologique jusqu’ici ignorée.

Un rôle potentiel dans la fertilité féminine

En étudiant le phénomène chez la souris, les chercheurs ont observé un liquide circulant dans les tubes du rete ovarii en direction de l’ovaire. Parmi les substances identifiées, certaines protéines pourraient influencer le fonctionnement de l’ovaire. C’est le cas de l’IGFBP2, qui semble participer à la régulation de la croissance des follicules ovariens, la structure contenant les ovocytes.

Le rete ovarii jouerait ainsi un rôle en matière de fertilité. S’il ne s’agit pour l’instant que d’hypothèses, mieux comprendre le fonctionnement de cet organe pourrait ouvrir de nouvelles pistes concernant la ménopause ou certains troubles hormonaux comme le syndrome métabolique ovarien poly endocrinien, anciennement appelé syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).

Pourquoi a-t-il disparu des manuels de médecine ?

Le rete ovarii a été décrit pour la première fois en 1870 par l’anatomiste allemand Wilhelm von Waldeyer-Hartz. Bien qu’il figurait sur les illustrations de l’ovaire dans les premières éditions de l’ouvrage Anatomie de Gray, les scientifiques l’ont progressivement effacé des manuels d’anatomie, le classant parmi les organes dits « vestigiaux », comme le coccyx, vestige de la queue de nos ancêtres.

Pourtant, son équivalent masculin, le rete testis, est bien connu et présent dans les ouvrages de médecine. Ce réseau de petits canaux situé dans le testicule permet notamment de transporter les spermatozoïdes. La redécouverte du rete ovarii pourrait donc conduire à réintégrer cet organe dans les connaissances anatomiques et à approfondir la recherche sur la santé reproductive féminine.