Le dernier débat de la primaire de la gauche, organisé dimanche soir, a clos une série de trois confrontations entre les cinq candidats. Pour le politologue Roland Cayrol, le véritable vainqueur de ces débats n'est pas un candidat en particulier, mais le Parti socialiste lui-même, qui a réussi à imposer ce processus de désignation et à susciter l'intérêt de l'opinion.
Le PS, vainqueur collectif des débats
Interrogé par Midi Libre, Roland Cayrol estime que le Parti socialiste « s'en sort bien » globalement. « On le disait en crise, sans candidat capable d'être au second tour et pourtant, la primaire a intéressé l'opinion », souligne-t-il. Les audiences des débats ont été « plutôt bonnes », même si l'on ne peut pas dire que la primaire a passionné les téléspectateurs.
Pour le politologue, « celui qui sort vainqueur, c'est moins tel ou tel, mais plutôt le fait que le Parti socialiste ait réussi à imposer cette procédure ». Une analyse qui contraste avec les critiques émises par certains candidats, notamment Raphaël Glucksmann, qui a jugé que le débat de dimanche n'avait pas été « à la hauteur ».
Glucksmann et Faure, finalistes en puissance
Roland Cayrol considère que Raphaël Glucksmann « n'a pas été bien inspiré », ni dans ses déclarations, ni dans sa prestation lors de la première partie du débat. « On l'a vu plus à l'aise… On ne peut pas dire qu'il ait bien tiré son épingle du jeu », analyse-t-il.
Malgré tout, le politologue identifie deux finalistes potentiels : Raphaël Glucksmann et Olivier Faure. Glucksmann bénéficie d'intentions de vote « les plus installées depuis un grand nombre de semaines » et s'est imposé dans une partie de l'opinion. Olivier Faure, quant à lui, dirige un parti qui, « tout en étant faible par rapport à son histoire, est le parti qui compte dans ce secteur de l'opinion ».
Concernant Ségolène Royal, souvent citée comme possible gagnante des débats, Roland Cayrol nuance : « Je ne crois pas. On a avec Ségolène Royal un phénomène d'audience bien connu. Quand elle participe à une émission de télévision, elle fait sensiblement monter l'audience. » Il la compare à Henri Guaino, des personnalités qui « ne comptent pas vraiment dans le processus électoral » mais qui réussissent en termes d'audience télévisée.
Divisions internes et crédibilité externe
Interrogé sur les divisions internes au PS, notamment sur le ralliement à La France insoumise, Roland Cayrol rappelle que « les moments où le Parti socialiste a été le plus fort, le plus puissant dans l'opinion, c'est aussi les moments où il a été très divisé ». Il cite l'exemple du match Mitterrand-Rocard, où l'attention se portait davantage sur le débat interne du parti.
« Il ne faut pas confondre la division interne et la crédibilité externe d'un parti politique », conclut le politologue. Le Parti socialiste « montre plutôt le contraire », selon lui, laissant entendre que les divisions internes n'ont pas nécessairement d'impact négatif sur sa perception par les électeurs.