Florent Rocca, 19 ans, nouveau président des chasseurs de la Turbie
Florent Rocca, 19 ans, président des chasseurs de la Turbie

Dans les Alpes-Maritimes, l'ouverture générale de la chasse est fixée au 13 septembre. Florent Rocca, 19 ans, étudiant en droit et chasseur depuis l'âge de 16 ans, vient de prendre la présidence de l'association communale de chasse de la Turbie, le village qui l'a vu naître. Il succède à William Desmoulins, figure locale également connue en tant que sapeur-pompier volontaire depuis 1986.

Une passion transmise de génération en génération

Devenir président des chasseurs de la Turbie à 19 ans ne relève pas du hasard. « Cela s'est fait naturellement. William [Desmoulins, ancien président] voulait se retirer et l'aventure m'a tenté », explique Florent Rocca. Il précise : « Je chasse depuis que j'ai 15 ans (accompagné) et j'ai passé mon permis à 16 ans [âge minimum pour passer le permis]. C'est une véritable passion. »

Cette passion est aussi une histoire de famille : « C'est un peu une continuité car mon grand-père a été président de l'association. » Le jeune président prend son rôle à cœur, entouré de ses chiens, qu'il considère comme de précieux appuis pour la chasse en battue.

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Une activité strictement réglementée

Interrogé sur le cadre réglementaire de la chasse, Florent Rocca reconnaît l'importance des règles : « Il y a énormément de règles, c'est vrai. Mais elles sont toutes nécessaires. Chasser, c'est avoir une passion pour la nature, et la nature il faut la respecter. »

Les règles sont en effet nombreuses : le sanglier se tire à la carabine avec des balles ou à l'arc, et non au fusil avec des cartouches à billes, réservées au gibier à plume. Une police de la chasse peut vérifier sur la bête morte le type de munitions utilisées. Par ailleurs, il est interdit de déplacer un sanglier vivant, notamment à cause de la peste porcine aux portes du pays. Si un animal est coincé chez un particulier et ne peut pas être libéré, il doit être abattu.

Des ouvertures anticipées pour certaines espèces

Si l'ouverture générale de la chasse a lieu le 13 septembre, dans certains départements comme les Alpes-Maritimes, et pour certaines espèces, elle est effective bien avant. « Tout dépend de la nocivité de l'espèce et de la zone », explique Florent Rocca. Pour les sangliers, dans les communes où il est considéré comme nuisible, la chasse a été autorisée dès le 1er juin en cas de dégâts avérés, uniquement pour les détenteurs d'une autorisation préfectorale. Depuis le 23 août, la chasse en battue est possible, ce que l'association pratique régulièrement avec celles d'Èze et de La Trinité.

Autour de la Turbie, on chasse essentiellement du gibier à plume : perdrix, pigeons, grives, dans les secteurs du mont Bataille, Carpre ou la Cruelle. Le sanglier est également chassé pour protéger les habitations. Quant au gibier, il est consommé : « On le mange (rires). Certes, une bête de 100 kg c'est un peu compliqué à ramener mais comme on sait que le sanglier, bien cuisiné, c'est bon, on se débrouille toujours », assure le jeune président.

La chasse en chiffres dans les Alpes-Maritimes

Le département compte près de 7 000 chasseurs (950 000 en France), en baisse de 2 % par an. La superficie de chasse est de 2 800 km², dont 40 % en forêt, et les réserves de chasse et faune sauvage couvrent 170 km². On peut chasser dans 148 communes, soit 91 % du département.

À noter que la France est le pays européen qui compte le plus de chasseurs, et que le permis de chasse n'est pas un permis de port d'arme : il confère uniquement le droit de détenir et transporter des armes de chasse dans le cadre strict de l'activité cynégétique. Enfin, à Monaco, la chasse est interdite depuis le 1er janvier 1881, par décision du prince Charles III, en raison de la densification de la Principauté.

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