Martine Gayraud : une présidente engagée contre les violences sexuelles
Martine Gayraud : engagement contre les violences sexuelles

Depuis 2017, Martine Gayraud préside l'association Femmes solidaires dans le Gard. Engagée pour l'égalité et contre les violences sexistes et sexuelles, elle milite pour une loi intégrale, débattue actuellement par une coalition féministe. L'association, active au niveau national et international, dispose d'un siège consultatif à l'ONU et intervient dans les écoles pour sensibiliser les jeunes.

Un engagement ancré dans les valeurs de l'association

Martine Gayraud explique avoir été séduite par les valeurs portées par Femmes solidaires : égalité, mixité, laïcité et universalité des droits des femmes, en s'appuyant sur une culture de paix et de solidarité. « Cela correspondait à mes valeurs et les missions d'éducation pour faire évoluer les mentalités et changer la société sont devenues essentielles pour moi », confie-t-elle. Le mouvement national a tissé des réseaux dans de nombreux pays et dispose d'un siège consultatif à l'ONU, où il débate chaque année de la situation des femmes, du local au global.

Le travail de l'association consiste principalement, grâce à un agrément de l'Éducation nationale, à rencontrer des élèves dans les collèges et lycées pour aborder l'égalité et la lutte contre les violences. Des débats thématiques tout public et des rencontres dans les centres sociaux de la ville sont également organisés.

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L'ampleur des violences faites aux femmes

Martine Gayraud a rapidement pris conscience de l'ampleur des violences faites aux femmes en France et dans le monde. « Sur les terrains de guerre, les parcours des migrations, les viols de masse, les violences conjugales non réprimées dans de nombreux pays, excisions pratiquées encore dans certains pays, c'est un choc quand on travaille sur ce sujet », témoigne-t-elle. En France, les violences conjugales ne cessent pas, et s'ajoutent les violences sexuelles sur les enfants, avec une parole des femmes et des enfants souvent minimisée ou pas entendue.

« La loi que nous défendons avec la coalition féministe qui est maintenant débattue est essentielle », insiste-t-elle. Elle appelle à une justice entièrement spécialisée, une protection renforcée des enfants, la fin de l'impunité pour les auteurs, un système de santé sécurisé, une lutte concrète contre les cyberviolences, ainsi que de la formation et de l'éducation. « Pour tout cela, il faut des moyens financiers à la hauteur ! Nous allons mettre la pression et resterons mobilisées jusqu'au vote de la loi », ajoute-t-elle.

Des moyens insuffisants sur toute la chaîne

Interrogée sur les moyens d'accompagnement et d'enquête, Martine Gayraud constate que « beaucoup de choses sont à améliorer sur toute la chaîne : enquête, accompagnement juridique. Il manque des professionnels dédiés et formés, d'où l'importance de la loi intégrale ». Pour elle, l'urgence est double : voter la loi avec les moyens financiers nécessaires et changer les mentalités grâce à l'éducation. « Il faut des moyens pour sortir des violences, accompagner mais aussi éduquer pour des associations comme la nôtre afin de continuer notre travail de fond, c'est aussi une urgence », conclut-elle.

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