Couvre-feux en France : restrictions après les débordements du 17 octobre
Couvre-feux partiels après les débordements du 17 octobre

Des couvre-feux partiels ont été décrétés lundi soir dans plusieurs villes françaises, touchant principalement les mineurs, après les débordements lors des manifestations du 17 octobre. Paris, Lyon, Lille, Bordeaux, Nice, Douai, Wattignies, Denain, Coulaines, Pointe-à-Pitre et Les Abymes sont concernées. Dans la capitale, la restriction visait notamment la place de la République et le secteur de Châtelet-les-Halles. La mesure a été prise dans la plupart des secteurs uniquement pour les mineurs et dans certains quartiers.

Un précédent avec les « gilets jaunes »

Ces mesures font écho au mouvement des « gilets jaunes ». Fin novembre 2018, un couvre-feu avait été instauré sur l'île de La Réunion après une vague de violences qui avait duré plusieurs jours, attisée par des casseurs. Le préfet de La Réunion, Amaury de Saint-Quentin, avait pris la décision « d'instituer un arrêté d'interdiction de circuler de 21 heures à 6 heures dans les communes les plus touchées par les troubles ». Les communes concernées étaient Saint-Denis, Le Port, Saint-Pierre, Saint-Joseph, Saint-Louis, Saint-Leu, Saint-Paul, La Possession, Sainte-Suzanne, Sainte-Marie, Saint-Benoît, Le Tampon, Saint-André et Bras-Panon. Le couvre-feu avait duré un peu moins d'une semaine.

Après la mort de Nahel en 2023

En juin 2023, la mort du jeune Nahel, causée par une balle tirée à bout portant par un policier à Nanterre, avait engendré la colère de nombreux Français. Des violences urbaines avaient éclaté un peu partout en Île-de-France et dans les banlieues de grandes villes. Certaines avaient opté pour un couvre-feu afin de limiter la cohue. Clamart (Hauts-de-Seine), où une rame de tramway avait été incendiée, avait été la première à l'instaurer entre 21 heures et 6 heures. Un couvre-feu partiel avait également été mis en place à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis). La ville de Compiègne (Oise) avait aussi pris une mesure pour les mineurs de moins de 16 ans non accompagnés.

Le couvre-feu pendant la pandémie de Covid-19

Le terme de couvre-feu ne se limite pas aux risques de violences. Les Français se souviennent de cette règle en vigueur dans la quasi-totalité du pays pour tenter de limiter la propagation du Covid-19. En mars 2020, alors que les citoyens étaient soumis à un confinement, le préfet des Alpes-Maritimes avait décidé de serrer la vis aux habitants de plusieurs communes, dont Nice, en imposant un couvre-feu pour renforcer un confinement pas toujours respecté. Plusieurs mois plus tard, le 17 octobre 2020, l'Île-de-France et huit métropoles françaises avaient également mis en place des couvre-feux. Cette mesure a été élargie à l'ensemble du territoire métropolitain le 15 décembre 2020 et levée par le Premier ministre de l'époque, Jean Castex, le 20 juin 2021.

Couvre-feux les soirs de match

Les couvre-feux peuvent aussi être associés à des événements plus joyeux. Au mois de juin, la ville de Clermont-Ferrand avait décidé d'une telle mesure en prévision de potentiels débordements liés aux matchs de la Coupe du Monde. La mesure concernait uniquement les mineurs de moins de 16 ans non accompagnés, sous peine d'une amende de 150 euros. Le maire LR Julien Bony avait décrété qu'il n'y aurait donc pas de fan zone, même en cas de finale. Les écrans à l'extérieur des bars devaient être tournés « vers l'intérieur des établissements » pour « éviter des attroupements dans les rues », avait expliqué l'élu. Cet arrêté faisait suite à deux épisodes de violences urbaines après la victoire du PSG en Ligue des champions. Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, avait également misé sur un couvre-feu pour les mineurs de moins de 16 ans, mais uniquement les soirs de matchs « sensibles » et « à risque », dont ceux de l'équipe de France. Une décision vivement critiquée.

De nouveaux couvre-feux à venir

Sur X, le Premier ministre Sébastien Lecornu a estimé que les premiers couvre-feux mis en place avaient « contribué au calme » dans la nuit de lundi à mardi. « De nouveaux couvre-feux seront décidés » par les maires et les préfets « là où la situation le nécessite » mardi soir, a-t-il ajouté. Une situation qui devrait concerner certains quartiers de Marseille, selon l'AFP.