Levée de drapeau à Nice : le ministre recale Ciotti, la polémique enfle
Levée de drapeau à Nice : le ministre recale Ciotti

Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a opposé un refus catégorique lundi 31 août 2026 à l'initiative du maire de Nice, Éric Ciotti, qui souhaitait instaurer une levée de drapeau avec chant de « La Marseillaise » dans les écoles élémentaires de la ville. Une décision qui a déclenché la colère de l'élu et relancé une polémique déjà nourrie par les syndicats, l'opposition et une pétition en ligne.

Une annonce qui divise dès le départ

L'idée avait été annoncée le vendredi 28 août 2026 lors d'une conférence de presse consacrée à la rentrée scolaire. Éric Ciotti prévoyait d'équiper, dès la Toussaint, 89 écoles niçoises d'un mât et d'un drapeau français, avec une « levée des couleurs » au moins une fois par semaine, le matin, accompagnée de « La Marseillaise ». Son objectif affiché : inculquer « dès le plus jeune âge l'amour de la France, de son histoire et de ses symboles ».

Dès le jour de l'annonce, les syndicats enseignants ont réagi. Gilles Jean, secrétaire général du SNUipp-FSU, principal syndicat du premier degré, a dénoncé « une instrumentalisation de l'école ». Il a rappelé que chaque établissement dispose déjà d'un drapeau sur son fronton et que chaque classe possède les drapeaux français, européen et niçois. Les valeurs de la République sont déjà au programme, avec l'apprentissage de « La Marseillaise » au CP et son chant en CE1. « La Ville n'a pas à s'occuper du contenu pédagogique », a-t-il insisté.

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Opposition politique et syndicale unanime

Khadija El Ouahabi, présidente azuréenne de la Fédération des parents d'élèves (FCPE 06), a également critiqué le projet : « Le temps scolaire n'appartient pas aux collectivités mais à l'Éducation nationale. Nous aurions aimé que l'argent mis pour acheter les mâts soit investi pour permettre la gratuité des fournitures scolaires aux écoliers. »

Côté politique, la gauche niçoise s'est dite outrée. Juliette Chesnel-Leroux, cheffe de file du groupe d'opposition de gauche et écologiste à la mairie de Nice, a taclé : « Quand on supprime les fournitures scolaires gratuites, on ne peut pas faire oublier aux familles la facture de la rentrée en agitant un drapeau. » David Nakache, membre du rassemblement citoyen ViVA ! et président de l'association Tous citoyens, a estimé que « le message est clair : le chauvinisme remplace la lutte contre les inégalités sociales ». L'opposition affiliée à l'ancien maire Christian Estrosi a dénoncé une démarche précipitée et médiatique, avec « le risque d'une désorganisation et d'une banalisation d'un symbole qui mérite toute notre considération ».

Le refus du ministre et la réponse de Ciotti

Ce lundi 31 août, le ministre de l'Éducation nationale a mis un terme aux spéculations. À l'issue du Conseil des ministres, Édouard Geffray a déclaré que l'initiative ne pourra pas « trouver un début de réalisation ». « Il n'appartient pas au maire, en l'occurrence, de décider une quelconque levée des couleurs qui se ferait en présence de tous les élèves, ni une fois par semaine, ni une fois par mois, ni une fois par jour », a-t-il précisé.

Éric Ciotti a réagi avec colère dans un communiqué, dénonçant une « dérive gauchisante » du gouvernement. Il maintient sa détermination et affirme que l'initiative pourrait être mise en œuvre dans le cadre d'une convention entre la Ville et l'Éducation nationale. Il a saisi le recteur d'académie pour travailler sur les modalités du dispositif. Malgré l'opposition ministérielle, la Ville de Nice entend poursuivre le déploiement des mâts dans les écoles élémentaires.

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Une pétition contre le projet

Le même jour, une pétition en ligne a été lancée par un collectif nommé « L'APPEL 06 - Contre le fascisme et pour une société plus juste », impliquant notamment Jonathan Gensburger, l'un des leaders de la CGT spectacles. Le collectif dénonce une « résonance particulièrement inquiétante », rappelant que « des dispositifs scolaires similaires avaient été instaurés sous le régime de Vichy ». Le texte de la pétition affirme : « Un maire n'a pas à se substituer à l'Éducation nationale ni à intervenir dans les programmes et pratiques pédagogiques des écoles. L'école n'est pas le terrain de jeu idéologique d'un élu local : elle appartient aux enfants, aux enseignant·es et à la République. » La pétition réclame l'abandon de cette mesure, tandis que la Ville de Nice maintient son projet de déploiement des mâts.